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Tenue de randonnée en été : comment s’habiller contre la chaleur, le soleil et l’orage

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Randonneur d'une soixantaine d'années en chemise légère à manches longues, pantalon fin et chapeau à large bord, montant un sentier rocailleux sous le soleil d'été
Sommaire
  1. Quelle tenue pour une randonnée en été ?
  2. Quelles matières quand il fait chaud ?
  3. Manches longues ou tee-shirt : se protéger du soleil
  4. Short ou pantalon en été ?
  5. Pourquoi emporter une polaire en plein été ?
  6. Tête, yeux et pieds
  7. Coup de chaleur, jambes rouges : les signaux à surveiller
  8. Questions fréquentes
  9. Sources

Pour une randonnée en été, portez un haut léger en synthétique ou en mérinos fin, de préférence à manches longues en altitude, un short ou un pantalon fin, un chapeau à large bord et des lunettes de catégorie 3. Gardez dans le sac une polaire légère et un coupe-vent : en montagne, l’orage et le froid du sommet arrivent vite.

L’été donne envie de partir léger, en débardeur et short. C’est souvent une bonne idée dans la vallée, et une mauvaise à 2 000 mètres.

Une même journée d’été peut traverser deux climats : la chaleur lourde du départ, puis le vent, les UV et parfois la grêle sur les crêtes. La bonne tenue est celle qui supporte les deux. Voici comment la composer, pièce par pièce.

Quelle tenue pour une randonnée en été ?

La tenue d’été suit le même principe qu’en toute saison : des couches fines que l’on ajoute ou retire, détaillé dans notre guide comment s’habiller pour une randonnée. Ce qui change, c’est la répartition entre ce que vous portez et ce qui voyage dans le sac. Elle dépend surtout de l’altitude visée.

TerrainSur vousDans le sac
Plaine, forêt, sentier côtierTee-shirt respirant, short ou pantalon léger, casquette ou chapeauCoupe-vent léger, crème solaire, eau en quantité
Moyenne montagne, jusqu’à 2 000 mètres environHaut à manches longues ou courtes, pantalon léger ou convertible, chapeau à large bord, lunettesPolaire fine, coupe-vent ou veste imperméable légère
Haute montagne, au-delà de 2 000 mètresHaut à manches longues, pantalon, chapeau ou casquette à protège-nuque, lunettes de catégorie 3 ou 4Polaire ou doudoune légère, veste imperméable, bonnet et gants fins

Le principe à retenir : la chaleur se gère sur le corps, le froid se gère dans le sac. Un coupe-vent de 100 grammes et une polaire fine de 250 grammes ne pèsent presque rien et vous éviteront un retour grelottant.

Quelles matières quand il fait chaud ?

Par forte chaleur, vous transpirez beaucoup, même à allure modérée. Le tissu doit laisser s’évaporer cette sueur et sécher vite, sinon il colle à la peau et irrite sous les bretelles du sac.

Le synthétique, champion du séchage

Le polyester et le polyamide n’absorbent presque pas d’eau. Ils sèchent en quelques dizaines de minutes au soleil, résistent aux frottements du sac et pèsent peu : un tee-shirt technique fait souvent 100 à 150 grammes. Leur défaut est connu, l’odeur, qui s’installe en une journée de forte transpiration. Les maillots en maille ajourée sous les bras et dans le dos évacuent mieux la chaleur.

Le mérinos léger, pour plusieurs jours

La laine mérinos ne tient pas chaud quand elle est fine. Un maillot de 120 à 150 g/m² se porte en été, garde moins les odeurs que le synthétique et reste agréable humide. Il sèche plus lentement : sur un trek de plusieurs jours où vous lavez peu, c’est souvent le meilleur choix ; pour une sortie d’une journée très chaude, le synthétique l’emporte.

Coton, lin et viscose : à réserver à la plaine

Le coton absorbe la sueur et la garde. Sur une balade de deux heures en plaine, par temps sec, ce n’est pas grave. En montagne, quand le vent se lève au col ou que l’orage refroidit l’air de 10 degrés en quelques minutes, un tee-shirt en coton trempé devient un vêtement froid. Le lin et les fibres issues de la cellulose, comme la viscose ou le lyocell, sont agréables et frais, mais nous verrons qu’ils filtrent souvent mal les UV.

Manches longues ou tee-shirt : se protéger du soleil

Instinctivement, on se découvre quand il fait chaud. En randonnée, c’est souvent l’inverse qui protège : un haut léger à manches longues, porté ample, garde la peau à l’ombre sans faire monter la température plus qu’un tee-shirt, surtout s’il ventile.

Tous les tissus ne filtrent pas les UV

Encore faut-il que le tissu bloque le soleil. Une équipe de dermatologues a mesuré le facteur de protection UV, ou UPF, de 236 textiles de collections printemps et été. Le résultat surprend.

33 %

des textiles d’été testés laissaient passer trop d’UV, avec un facteur de protection inférieur à 15. Moins de la moitié atteignaient un facteur de 30.

Gambichler et coll., BMC Dermatology, 2001 (236 textiles mesurés en laboratoire).

La matière pèse lourd. Plus de 70 % des tissus en laine, en polyester et en mélanges atteignaient un facteur de 30, contre moins de 30 % des tissus en coton, en lin et en viscose. Une étude plus ancienne, publiée en 1997, allait dans le même sens : sur 28 tissus blancs, 19 protégeaient moins qu’une crème solaire d’indice 15, et le polyester faisait mieux que le coton.

Le tricot serré des maillots de sport s’en sort bien. En 2014, une équipe de dermatologues a analysé 50 vêtements d’été : la plupart des tee-shirts de sport en maille obtenaient d’excellentes notes, quand les chemises ordinaires protégeaient très peu. Leur conclusion tient en un critère : plus le tissu est couvrant, c’est-à-dire serré, plus il protège. Tenez un vêtement devant une fenêtre : s’il laisse passer beaucoup de lumière, il laissera passer les UV.

Un vêtement étiqueté UPF 50+ ne laisse passer qu’environ 2 % des UV, sans s’effacer à la transpiration comme une crème. La crème reste nécessaire sur le visage, le cou, les mains et les jambes découvertes, à renouveler au fil de la journée.

Plus vous montez, plus le soleil tape

L’altitude aggrave les choses. Une étude de modélisation publiée en 2016 rappelle que l’irradiance responsable des coups de soleil augmente de 0,5 à 4 % tous les 100 mètres. Sur un névé ou un glacier, la neige renvoie les rayons vers le visage et le dessous du menton, et leurs calculs montent à 10 % par 100 mètres. L’air plus frais du sommet trompe : vous ne sentez pas la brûlure avant le soir.

Randonneuse d'une trentaine d'années marchant sur un sentier de crête ensoleillé, en haut léger à manches longues, pantalon fin et chapeau à large bord, sac à dos sur les épaules
Haut ample à manches longues, chapeau à large bord, pantalon fin : la peau reste à l’ombre sans que la chaleur monte davantage qu’en tee-shirt.

Le débardeur a un autre défaut : sous un sac chargé, les bretelles frottent directement sur les épaules nues, déjà exposées au soleil. Au-delà de quelques heures de marche, même un tee-shirt à manches courtes s’en tire mieux.

Short ou pantalon en été ?

Le short est le plus frais, le pantalon le plus protecteur. Entre les deux, le choix dépend du terrain plus que de la température.

Short

Liberté et fraîcheur maximales. Pour les sentiers dégagés et les journées très chaudes en plaine ou en moyenne montagne.

Pantalon convertible

Jambes détachables par une fermeture à glissière : short à la montée, pantalon dans les herbes hautes ou au sommet venté.

Pantalon léger

Protège du soleil, des ronces, des orties et des tiques. Le meilleur choix hors sentier et au-dessus de 2 000 mètres.

Les jupes-shorts et shorts à cuissard intégré limitent en plus les frottements entre les cuisses lors des longues journées.

Les tiques sont actives du printemps à l’automne, et l’été est leur pleine saison dans les herbes hautes, les fougères et les lisières. Santé publique France recommande des vêtements longs et couvrants, puis une inspection de tout le corps au retour. Dans une étude de laboratoire publiée en 2011, des volontaires en tenue d’été, tee-shirt, short, chaussettes et baskets, recevaient 3,36 fois moins de piqûres quand ces vêtements étaient traités à la perméthrine. Un pantalon léger, rentré dans les chaussettes dans les zones herbeuses, reste la mesure la plus simple.

Gros plan sur les jambes d'un randonneur marchant dans les herbes hautes d'un sentier d'été, le bas d'un pantalon léger rentré dans des chaussettes de randonnée, chaussures basses aux pieds
Dans les herbes hautes, le bas du pantalon rentré dans les chaussettes empêche les tiques de remonter sous le tissu ; le contrôle de la peau au retour reste indispensable.

Pour un pantalon d’été, cherchez un tissu en polyamide léger, autour de 250 à 350 grammes le pantalon, des aérations zippées et une coupe qui laisse les genoux libres. Notre guide pour savoir quel pantalon choisir pour une randonnée compare les modèles et les matières.

Pourquoi emporter une polaire en plein été ?

Parce qu’en montagne, l’été n’existe pas toute la journée. Deux phénomènes rendent la polaire indispensable dans le sac, même par 30 degrés au parking.

Le premier est l’altitude. Dans l’atmosphère standard, l’air perd environ 6,5 degrés tous les 1 000 mètres. Une randonnée qui part à 25 degrés de 1 000 mètres d’altitude peut trouver autour de 15 degrés au sommet à 2 500 mètres, et nettement moins au vent d’une crête.

Le second est l’orage. En été, la chaleur fait monter des nuages qui éclatent souvent l’après-midi. En quelques minutes, la température chute, la pluie ou la grêle trempe tout, le vent se lève. Un randonneur en tee-shirt mouillé à 2 000 mètres peut avoir très froid en plein mois d’août.

Consultez la prévision de Météo-France pour la montagne et la vigilance orages avant de partir. Partez tôt, visez le sommet en fin de matinée et soyez redescendu avant les heures où les orages éclatent. Si le ciel se charge rapidement, faites demi-tour sans attendre : éloignez-vous des crêtes, des sommets et des arbres isolés.

Dans le sac, la réserve d’été tient en trois pièces : une polaire fine ou une doudoune très légère, un coupe-vent ou une veste imperméable légère, et en haute montagne un bonnet et des gants fins. Le tout pèse moins de 800 grammes.

Tête, yeux et pieds

La tête et la nuque

Le chapeau à large bord protège à la fois le visage, les oreilles et la nuque, les zones qui brûlent le plus. La casquette protège le front et les yeux, mais laisse les oreilles et la nuque au soleil, sauf modèle à protège-nuque. Notre sélection de chapeaux de randonnée réunit des modèles légers, ventilés et pliables. Un tour de cou fin, mouillé dans un ruisseau, rafraîchit la nuque pendant de longues minutes.

Les yeux

Choisissez des lunettes de soleil de catégorie 3 pour la plupart des randonnées en montagne, de catégorie 4 sur neige ou glacier. La norme EN ISO 12312-1 déconseille la catégorie 4 pour conduire.

Les pieds

L’été est la saison des ampoules : la chaleur fait gonfler les pieds, la sueur ramollit la peau. Des chaussettes fines en synthétique ou en mérinos léger, à zones ajourées sur le dessus du pied, limitent l’humidité. Une chaussure basse ou mi-haute respirante suffit sur la plupart des sentiers d’été. Si vos pieds brûlent malgré tout en fin de journée, notre article sur les pieds qui chauffent en randonnée en détaille les causes et les solutions.

Pour le reste du sac, gourde, crème solaire, trousse de secours, voyez notre liste des accessoires de randonnée en été.

Coup de chaleur, jambes rouges : les signaux à surveiller

La tenue ne fait pas tout. Par forte chaleur, buvez régulièrement sans attendre la soif, mouillez votre chapeau et votre tour de cou aux points d’eau, et marchez aux heures les plus fraîches. Les jours de canicule, reportez la sortie ou choisissez un itinéraire ombragé et court.

Arrêtez-vous à l’ombre si vous ressentez des maux de tête, des nausées, des crampes ou une grande fatigue. Si un randonneur devient confus, cesse de transpirer avec une peau chaude et sèche, ou perd l’équilibre, c’est une urgence : appelez le 112, mettez-le à l’ombre, retirez ses couches et rafraîchissez-le avec de l’eau.

Des plaques rouges sur les jambes

Beaucoup de randonneurs découvrent un jour, après une longue étape par temps chaud, des plaques rouges ou violacées au-dessus des chaussettes. C’est souvent une vascularite d’effort, surnommée syndrome du randonneur. Une étude française a comparé 32 randonneurs atteints à 130 randonneurs du même âge : 75 % des cas étaient des femmes, plus de la moitié avaient une maladie veineuse chronique, contre 30 % des autres, et ils marchaient plus longtemps par sortie. Les lésions disparaissent seules en moins de 10 jours.

Des pauses à l’ombre, les jambes surélevées, et des étapes plus courtes par grosse chaleur relèvent du bon sens. Si les plaques persistent, s’étendent, font mal ou s’accompagnent de fièvre, consultez un médecin.

Pour compléter votre tenue d’été, tee-shirts, shorts, pantalons légers et coupe-vent, parcourez nos vêtements de randonnée.

Questions fréquentes

Comment fonctionne la règle des 3 couches en été ?

Elle reste valable, en version allégée. La première couche, un tee-shirt synthétique ou en mérinos léger, se porte toute la journée. La deuxième, une polaire fine ou une petite doudoune, et la troisième, un coupe-vent ou une veste imperméable, restent dans le sac pour les pauses en altitude, le vent sur les crêtes et les orages.

Quelle tenue de randonnée pour une femme en été ?

Les mêmes principes que pour un homme : haut respirant sans coton, protection du soleil, couche chaude dans le sac. S’y ajoutent des choix propres : brassière synthétique plutôt qu’en coton, jupe-short ou short à cuissard intégré contre les frottements entre les cuisses, coupes ajustées aux hanches pour que la ceinture du sac ne glisse pas.

Faut-il porter des vêtements clairs ou foncés en été ?

La couleur compte moins qu’on le croit. Un tissu clair renvoie davantage la chaleur du soleil, mais un tissu foncé et serré bloque souvent mieux les UV. Dans une étude sur 236 textiles d’été, le noir, le bleu marine, le blanc, le vert et le beige atteignaient le plus souvent une bonne protection. La densité du tissu pèse davantage.

Peut-on randonner en sandales en été ?

Sur des sentiers faciles, avec des gués ou des ruisseaux à traverser, des sandales de randonnée à semelle crantée conviennent bien : elles sèchent en quelques minutes. Sur les pierriers, les descentes raides et les longues étapes, elles protègent mal les orteils et la cheville. Beaucoup de randonneurs les gardent pour le soir ou les passages humides.

Sources

Gambichler T, Rotterdam S, Altmeyer P, Hoffmann K. Protection against ultraviolet radiation by commercial summer clothing: need for standardised testing and labelling. BMC Dermatology, 2001;1:6. doi:10.1186/1471-5945-1-6

Davis S, Capjack L, Kerr N, Fedosejevs R. Clothing as protection from ultraviolet radiation: which fabric is most effective? International Journal of Dermatology, 1997;36(5):374-379. doi:10.1046/j.1365-4362.1997.00046.x

Aguilera J, de Gálvez MV, Sánchez-Roldán C, Herrera-Ceballos E. New advances in protection against solar ultraviolet radiation in textiles for summer clothing. Photochemistry and Photobiology, 2014;90(5):1199-1206. doi:10.1111/php.12292

Schrempf M, Haluza D, Simic S et coll. Is multidirectional UV exposure responsible for increasing melanoma prevalence with altitude? A hypothesis based on calculations with a 3D-human exposure model. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2016;13(10):961. doi:10.3390/ijerph13100961

Miller NJ, Rainone EE, Dyer MC, González ML, Mather TN. Tick bite protection with permethrin-treated summer-weight clothing. Journal of Medical Entomology, 2011;48(2):327-333. doi:10.1603/ME10158

Quéneau A, Pistorius MA, Connault J et coll. Case-control study on exercise-induced vasculitis in hikers. Angiology, 2022;73(7):643-648. doi:10.1177/00033197211065792

Organismes cités : Météo-France (prévisions montagne, vigilance orages), Santé publique France (prévention des piqûres de tiques), norme EN ISO 12312-1 (lunettes de soleil), atmosphère standard (6,5 °C par 1 000 m).

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