Sommaire
- Quels types de pantalon de randonnée existe-t-il ?
- Quelle matière choisir ?
- Coupe et taille : la liberté au genou
- Déperlant, imperméable, sans PFAS : ce qui a changé
- Quel pantalon selon la saison ?
- Le pantalon, première protection contre les tiques
- Poches, renforts, bas de jambe : les détails qui comptent
- Comment faire durer son pantalon ?
- Questions fréquentes
- Sources
Pour une randonnée, choisissez un pantalon en polyamide ou en polyester légèrement extensible, qui sèche vite et laisse les genoux libres : genoux préformés, entrejambe large, ceinture plate sous le sac. Adaptez ensuite le tissu à la saison, léger ou convertible en été, softshell en hiver, et gardez un surpantalon imperméable pour la pluie.
On choisit souvent un pantalon de randonnée à sa saison, été ou hiver. C’est le troisième critère, pas le premier.
Un pantalon qui serre au genou dans une marche haute, ou dont le tissu se déchire sur le premier rocher, gâchera la sortie quelle que soit la météo. Voici, dans l’ordre, ce qui fait un bon pantalon de randonnée, puis les changements à connaître depuis l’interdiction des PFAS dans les vêtements.
Quels types de pantalon de randonnée existe-t-il ?
Six familles se partagent les rayons. Elles ne s’opposent pas : beaucoup de randonneurs en combinent deux, un pantalon de marche et un surpantalon, ou un collant et un softshell.
| Type | Points forts | Limites | Pour quelle sortie |
|---|---|---|---|
| Pantalon de marche classique | Léger, sèche vite, polyvalent | Peu chaud, simplement déperlant | La plupart des randonnées de printemps à l’automne |
| Pantalon convertible | Jambes détachables, short et pantalon en un | Zips qui peuvent frotter au-dessus du genou | Été, journées à grands écarts de température |
| Pantalon retroussable | Bas de jambe qui se relève et se fixe par un bouton ou une patte | Moins aéré qu’un short | Gués, chaleur modérée, herbes mouillées |
| Softshell | Coupe-vent, extensible, plus chaud | Trop chaud en plein été | Hiver, mi-saison, raquettes, crêtes ventées |
| Surpantalon imperméable | Arrête la pluie continue et la neige | Respire moins, se porte par-dessus | Pluie, neige, trek à météo incertaine |
| Legging ou collant | Liberté totale, léger, sous-couche par temps froid | Fragile face aux ronces et aux rochers | Sentiers roulants, sous un pantalon en hiver |
DU PLUS AÉRÉ AU PLUS PROTECTEUR
Quelle matière choisir ?
La matière décide de trois choses : la vitesse de séchage, la résistance aux frottements et la liberté de mouvement.
Le polyamide, souvent appelé nylon, résiste bien à l’abrasion pour son poids. C’est la base de la plupart des pantalons de randonnée légers, autour de 250 à 400 grammes le pantalon. Certains fabricants ajoutent des renforts en polyamide plus épais aux genoux, aux fesses et au bas des jambes.
Le polyester sèche aussi vite, coûte moins cher et tient bien les couleurs. Il est un peu moins résistant à l’usure, ce qui compte surtout si vous vous asseyez souvent sur des rochers.
L’élasthanne ne se porte pas seul : mêlé au polyamide ou au polyester, en général à moins de 15 %, il donne au tissu son étirement. Un pantalon bi-stretch, extensible en largeur et en longueur, suit le genou dans les grandes marches sans tirer sur la ceinture.
Le coton et le jean sont à éviter dès que la sortie dépasse la promenade. Un jean mouillé par la rosée ou une averse pèse plusieurs centaines de grammes de plus, met des heures à sécher et refroidit les jambes à la pause. Certains pantalons mélangent coton et polyester pour un toucher plus naturel : ils sèchent plus lentement, réservez-les au temps sec.
Le tissu se juge aussi à son toucher. Un tissu ripstop, quadrillé de fils plus épais, arrête une déchirure avant qu’elle ne s’étende. Un tissu plus épais et serré coupe mieux le vent et les ronces, mais respire moins.
Coupe et taille : la liberté au genou
C’est le critère le plus souvent négligé en magasin, et le premier qui se fait sentir sur le sentier. Une marche de 50 centimètres, fréquente sur un sentier de montagne, plie le genou presque à angle droit et tend le tissu sur la cuisse et les fesses.
Trois éléments font la différence. Des genoux préformés, cousus avec une légère courbure, évitent que le tissu ne tire à chaque pas. Un entrejambe à gousset, une pièce de tissu en losange cousue à la jonction des jambes, libère les grandes enjambées. Une ceinture plate, sans gros bouton ni boucle, ne marque pas la peau sous la ceinture ventrale du sac.
En cabine, faites le test : montez un genou à hauteur de hanche, accroupissez-vous, puis faites un grand pas en avant. Si le tissu tire à la cuisse, au genou ou glisse à la ceinture, la coupe ne convient pas, même si le pantalon vous va debout.
Côté coupe, trois silhouettes existent. Ajustée, elle limite les frottements contre la végétation et convient aux tissus extensibles. Droite, c’est le standard des pantalons de marche. Ample, elle ventile mieux mais s’accroche davantage aux branches. Les modèles femme ont en général une taille plus haute à l’arrière et plus de place aux hanches, ce qui évite que la ceinture du sac fasse glisser le pantalon. Pour la longueur, le bas doit effleurer le dessus de la chaussure, sans traîner dans la boue.
Déperlant, imperméable, sans PFAS : ce qui a changé
Deux mots se confondent souvent sur les étiquettes. Un tissu déperlant a reçu un traitement de surface qui fait perler les gouttes : il résiste à une averse, à la rosée, à la neige sèche, mais finit par se laisser traverser sous une pluie de plusieurs heures. Un tissu imperméable contient une membrane ou une enduction qui arrête l’eau, mesurée en millimètres de colonne d’eau selon la norme ISO 811. La plupart des pantalons de marche sont déperlants ; seuls les surpantalons et quelques pantalons d’alpinisme sont imperméables.
Ces traitements déperlants ont longtemps reposé sur des PFAS, les composés fluorés surnommés polluants éternels. La loi du 27 février 2025 a changé la donne. Selon le ministère de la Transition écologique, depuis le 1er janvier 2026, les PFAS sont interdits dans les textiles d’habillement et les chaussures destinés aux consommateurs. Les produits fabriqués avant cette date peuvent encore être vendus pendant 12 mois. En 2030, l’interdiction s’étendra à tous les produits textiles.
POURQUOI UN PANTALON NE PERLE PLUS
Pour vous, la conséquence est pratique. Les déperlants sans fluor repoussent bien l’eau, en général moins les graisses et la boue, et demandent un entretien plus régulier. Un pantalon qui a cessé de perler n’est souvent pas usé : il est sale. Nous y revenons plus bas.
Quel pantalon selon la saison ?
En été, un pantalon léger et respirant, avec des aérations zippées sur les cuisses, ou un convertible, couvre la plupart des sorties. Il protège mieux du soleil et des végétaux qu’un short. La tenue complète, haut, tête et pieds compris, est détaillée dans notre article sur la tenue de randonnée en été.
Au printemps et à l’automne, le pantalon de marche classique en tissu un peu plus dense, déperlant, fait l’affaire. Gardez un surpantalon dans le sac si la pluie menace : il pèse souvent entre 200 et 350 grammes.
En hiver, deux options. Un pantalon softshell, coupe-vent et légèrement doublé, se porte seul par temps sec et froid. Un collant thermique sous un pantalon de marche offre plus de souplesse : vous retirez le collant si la journée se réchauffe. Par neige ou pluie, le surpantalon complète l’un ou l’autre. Ce raisonnement en couches, appliqué aux jambes comme au haut du corps, est expliqué dans notre guide comment s’habiller pour une randonnée.
Pour un surpantalon, regardez la construction. Un modèle en 2,5 couches est léger et compact, pour une averse ponctuelle. Un modèle en 3 couches est plus solide et respire mieux sous un effort long, pour le trek ou la haute montagne. Des zips latéraux sur toute la longueur permettent de l’enfiler sans retirer les chaussures.
Le pantalon, première protection contre les tiques
En France, les tiques vivent dans les herbes hautes, les fougères et les sous-bois, et sont actives du printemps à l’automne. Santé publique France recommande de porter des vêtements longs et couvrants, puis d’inspecter tout le corps au retour. Rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes empêche les tiques de passer sous le tissu.
Certains pantalons sont vendus traités à la perméthrine, un insecticide fixé dans la fibre. Leur effet a été mesuré. Dans une étude de laboratoire publiée en 2011, des volontaires en tenue d’été traitée recevaient 3,36 fois moins de piqûres. Sur le terrain, un essai randomisé mené aux États-Unis sur 82 travailleurs en extérieur a comparé des vêtements traités en usine à des vêtements factices.
BAISSE DES PIQÛRES DE TIQUES AVEC DES VÊTEMENTS TRAITÉS EN USINE
En Allemagne, l’armée a mesuré un effet encore plus net sur ses terrains d’entraînement très infestés : 8,8 % des soldats exposés se faisaient piquer avec un uniforme non traité, et l’uniforme traité réduisait ce risque de plus de 98 %. Cinq piqûres sont pourtant survenues chez des soldats qui portaient une parka non traitée par-dessus : tout ce qui couvre le pantalon compte.
Une revue publiée en 2022 note que les vêtements couvrants non traités et l’inspection du corps sont les mesures les plus pratiquées, par 30 à 70 % des personnes interrogées dans la plupart des études, loin devant les vêtements traités, utilisés par moins de 5 à 20 %. Pour la plupart des randonneurs, un pantalon long rentré dans les chaussettes et l’inspection au retour suffisent. Si vous marchez souvent hors sentier en zone à tiques, un vêtement traité est une option ; suivez alors les consignes du fabricant pour le lavage.
Poches, renforts, bas de jambe : les détails qui comptent
Une fois la matière et la coupe validées, les détails font la différence au quotidien.
Les poches. Des poches de cuisse zippées restent accessibles avec la ceinture du sac bouclée, ce que ne permettent pas les poches de hanche. Elles doivent être assez plates pour qu’un téléphone ne batte pas contre la jambe.
Les renforts. Aux genoux, aux fesses et à l’intérieur du bas des jambes, là où les crampons et les chaussures frottent, ils prolongent la vie du pantalon. Ils comptent surtout pour les sorties en terrain rocheux et les longues saisons.
Le bas de jambe. Un cordon de serrage ou une patte à pression resserre le bas sur la chaussure, contre les cailloux, la boue et les tiques. Un crochet à lacet maintient le pantalon en place dans la neige. Par terrain très boueux ou enneigé, les guêtres prennent le relais : voyez notre méthode pour mettre des guêtres de randonnée.
Toutes ces options se retrouvent dans notre sélection de pantalons de randonnée, pour homme et pour femme. Si vous préférez la liberté d’un tissu près du corps, les leggings de randonnée pour femme conviennent aux sentiers roulants et aux sorties d’été.
Comment faire durer son pantalon ?
Un pantalon de randonnée bien entretenu dure plusieurs saisons. Quelques gestes suffisent.
Lavez-le à 30 degrés, retourné, fermetures et scratchs fermés, avec une lessive liquide. Évitez l’adoucissant, qui encrasse le tissu et annule le déperlant. Si l’étiquette l’autorise, un passage de 20 minutes au sèche-linge à basse température, ou un coup de fer doux à travers un linge, réactive le traitement déperlant. Quand il ne perle plus du tout, un produit déperlant à vaporiser ou à mettre en machine le restaure.
Un accroc ne condamne pas le pantalon. Une pièce thermocollante de réparation, posée à l’intérieur et à l’extérieur, tient de longues saisons sur un tissu synthétique. Faire durer un pantalon reste le geste le plus simple pour réduire l’impact de votre équipement.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre L32 et L34 ?
Le L indique la longueur d’entrejambe en pouces, de l’entrejambe jusqu’en bas de la jambe. Un L32 mesure environ 81 cm, un L34 environ 86 cm : 5 cm d’écart. Le W, lui, donne le tour de taille. Pour la randonnée, le bas doit effleurer le dessus de la chaussure sans traîner au sol ni remonter au-dessus de la cheville.
Quelle est la différence entre la marche et la randonnée ?
La marche désigne tout déplacement à pied, en ville comme à la campagne. La randonnée est une marche de loisir sur des sentiers, souvent balisés, qui dure de quelques heures à plusieurs jours et demande un minimum d’équipement : chaussures adaptées, eau, vêtements de rechange et, dès que le terrain devient irrégulier, un pantalon qui laisse les genoux libres.
Combien de pantalons emporter pour un trek ?
Un seul pantalon de marche suffit le plus souvent, à condition qu’il sèche vite : vous le lavez à l’étape s’il le faut. Ajoutez un collant léger pour le soir et la nuit, qui sert aussi de couche chaude par temps froid, et un surpantalon imperméable si la météo est incertaine. Au total, moins de 700 grammes dans le sac.
Sources
Miller NJ, Rainone EE, Dyer MC, González ML, Mather TN. Tick bite protection with permethrin-treated summer-weight clothing. Journal of Medical Entomology, 2011;48(2):327-333. doi:10.1603/ME10158
Mitchell C, Dyer M, Lin FC, Bowman N, Mather T, Meshnick S. Protective effectiveness of long-lasting permethrin impregnated clothing against tick bites in an endemic Lyme disease setting: a randomized control trial among outdoor workers. Journal of Medical Entomology, 2020;57(5):1532-1538. doi:10.1093/jme/tjaa061
Faulde MK, Rutenfranz M, Keth A et coll. Pilot study assessing the effectiveness of factory-treated, long-lasting permethrin-impregnated clothing for the prevention of tick bites during occupational tick exposure in highly infested military training areas, Germany. Parasitology Research, 2015;114(2):671-678. doi:10.1007/s00436-014-4232-y
Eisen L. Personal protection measures to prevent tick bites in the United States: knowledge gaps, challenges, and opportunities. Ticks and Tick-borne Diseases, 2022;13(4):101944. doi:10.1016/j.ttbdis.2022.101944
Organismes et textes cités : loi n° 2025-188 du 27 février 2025 et foire aux questions du ministère de la Transition écologique sur l’interdiction des PFAS, Santé publique France (prévention des piqûres de tiques), norme ISO 811 (colonne d’eau).