Sommaire
- Hardshell, softshell, coupe-vent : de quelle veste avez-vous besoin ?
- Que vaut le chiffre d’imperméabilité ?
- Comment lire la respirabilité d’une veste ?
- 2 couches, 2,5 couches ou 3 couches : quelle construction choisir ?
- Quelles finitions vérifier avant d’acheter ?
- Pourquoi une veste imperméable finit-elle par se mouiller ?
- Sans PFAS : qu’est-ce qui change depuis 2026 ?
- Quelle veste pour quelle randonnée ?
- Questions fréquentes
- Sources
Pour choisir une veste de randonnée imperméable, prenez une vraie membrane ou une enduction avec des coutures étanchées, une capuche réglable et des aérations sous les bras, puis le poids qui convient à votre usage. Au-delà de 10 000 mm de colonne d’eau, ce chiffre départage peu les vestes : c’est le déperlant, entretenu, qui garde la respirabilité.
Sur l’étiquette, tout paraît clair : 20 000 mm, 20 000 g/m²/24 h, trois couches, sans PFC. Toutes les vestes promettent de vous garder au sec en laissant passer la transpiration.
Sur le sentier, les épaules se mouillent sous les bretelles et le dos est humide au sommet. Ce guide vous aide à lire ces chiffres, à repérer les détails qui laissent vraiment entrer l’eau, et à faire durer votre veste.
Hardshell, softshell, coupe-vent : de quelle veste avez-vous besoin ?
Trois familles de vestes se partagent les rayons, et une seule arrête vraiment une pluie qui dure.
La veste imperméable, ou hardshell, contient une membrane ou une enduction qui bloque l’eau liquide tout en laissant sortir une partie de la vapeur d’eau. C’est la couche extérieure du système des trois couches, celle qu’on enfile quand la pluie s’installe. Notre guide pour s’habiller en randonnée détaille ce qu’on porte en dessous.
La softshell est un tissu extensible, souvent brossé à l’intérieur, traité déperlant. Elle coupe le vent, respire bien et accompagne les mouvements. Mais sans membrane, elle finit par se laisser traverser sous une pluie continue.
Le coupe-vent est le plus léger des trois. Il tient dans une poche, arrête le vent sur une crête et une averse brève. Pas davantage.
| Type de veste | Ce qu’elle arrête | Sa limite | Quand la porter |
|---|---|---|---|
| Imperméable (hardshell) | Pluie longue, vent, neige mouillée | Respire moins bien à l’effort | Dès que la pluie dure ou que le temps est incertain en montagne |
| Softshell | Vent, bruine, neige sèche | Traversée par une pluie de plusieurs heures | Temps sec et frais, effort soutenu |
| Coupe-vent | Vent, averse courte | Ni chaleur ni protection durable | En réserve dans le sac, l’été |
| Poncho | Pluie, et le sac avec | Devient une voile par grand vent | Pluie tiède en sous-bois, sentier abrité |
Pour la plupart des randonneurs, la question n’est donc pas « softshell ou imperméable », mais « quelle imperméable ». Les vestes de randonnée de notre boutique couvrent ces familles ; les critères qui suivent vous aideront à trier.
Que vaut le chiffre d’imperméabilité ?
L’étiquette affiche une colonne d’eau, en millimètres ou en Schmerbers : 1 Schmerber vaut 1 mm. Le chiffre vient d’un essai normalisé, l’ISO 811. On pose un échantillon de tissu sous une colonne d’eau dont on augmente la pression, et l’on note la hauteur à laquelle les premières gouttes passent. Notre article sur la randonnée sous la pluie explique pourquoi ce chiffre compte aux endroits comprimés, sous les bretelles ou à genoux dans l’herbe.
Mettez ce chiffre en perspective. Une colonne de 10 000 mm, c’est 10 mètres d’eau posés sur le tissu. La norme européenne EN 343, qui classe les vêtements de protection contre la pluie des professionnels, place sa classe la plus exigeante à 20 000 pascals, soit environ 2 000 mm de colonne d’eau, mesurés après prétraitement du tissu et sur les coutures. Les vestes de randonnée annoncent souvent cinq à dix fois plus.
LE CHIFFRE SUR L’ÉTIQUETTE, ET CE QUI FUIT VRAIMENT
Ce qu’on croit
- 20 000 mm, c’est deux fois plus sec que 10 000 mm.
- Si je suis mouillé dedans, ma veste fuit.
Ce qui se passe sur le sentier
- Le chiffre est mesuré sur un échantillon de tissu, souvent neuf : il ne dit rien des coutures, de la fermeture, du col ni des poignets.
- L’eau entre plus souvent par une capuche mal réglée, un zip ou une manche que par la membrane, et une partie de l’humidité intérieure est votre transpiration.
En pratique, à partir de 10 000 mm, regardez ailleurs : les coutures sont-elles toutes recouvertes de bandes étanches ? La fermeture principale est-elle étanche ou protégée par un rabat ? Ce sont ces détails qui font la différence après quatre heures de pluie.
Comment lire la respirabilité d’une veste ?
À la montée, votre corps produit de la chaleur et de la vapeur d’eau. Une membrane « respirante » laisse passer cette vapeur vers l’extérieur, mais lentement. Deux indices l’expriment, et ils se lisent en sens inverse.
Le RET, mesuré selon la norme ISO 11092, exprime la résistance du tissu au passage de la vapeur : plus il est bas, plus la veste respire. Le MVTR indique une quantité de vapeur qui traverse un mètre carré en 24 heures : plus il est haut, mieux c’est. Plusieurs méthodes de mesure coexistent pour ce second indice, et leurs résultats ne se comparent pas d’une marque à l’autre. Un RET donne donc une base de comparaison plus sûre qu’un MVTR.
Ces chiffres ont une autre limite : ils sont mesurés en laboratoire, dans des conditions stables. Dehors, quand l’air est saturé d’humidité et froid, la vapeur se condense sur la face intérieure de la veste avant d’avoir pu sortir. Deux chercheurs en textile qui ont modélisé cette condensation dans les tissus à trois couches concluent qu’on la réduit avec une membrane et un tissu extérieur plus fins, ou plus perméables à la vapeur. Autrement dit, une veste épaisse et très robuste respire moins, à membrane égale.
Le réglage le plus efficace reste le vôtre. Ouvrez les aérations sous les bras et le zip du col dans les montées, ralentissez un peu, enlevez la polaire avant d’avoir chaud. Une veste sans aérations vous laisse une seule option : l’enlever.
2 couches, 2,5 couches ou 3 couches : quelle construction choisir ?
Ces « couches » ne parlent pas de ce que vous portez en dessous. Elles décrivent la façon dont la membrane est fixée dans la veste, et elles changent le poids, la robustesse et le confort.
2 couches
Tissu extérieur et membrane collés, avec une doublure libre en filet ou en tissu. Agréable sur la peau, plus lourde et plus volumineuse une fois pliée.
2,5 couches
Membrane protégée à l’intérieur par un film imprimé au lieu d’une doublure. Très légère et compacte, moins résistante aux frottements du sac et parfois collante sur les bras nus.
3 couches
Tissu extérieur, membrane et doublure fine collés en un seul tissu. La plus robuste sous les bretelles et la plus durable, souvent la plus chère.
Pour une veste qui passe l’essentiel de l’été au fond du sac, une 2,5 couches suffit. Si vous portez un sac chargé plusieurs jours de suite, sous la pluie, préférez une 3 couches : ce sont les épaules et le bas du dos, frottés par les bretelles et la ceinture, qui s’usent en premier. Une 2 couches convient aux sorties courtes et à la ville, où son confort compte plus que son poids.
Quelles finitions vérifier avant d’acheter ?
Deux vestes à membrane comparable peuvent vous laisser au sec ou trempé selon leurs finitions. Prenez le temps de les essayer comme sur le sentier, avec une polaire dessous et, si possible, votre sac sur le dos.
L’ESSAYAGE EN CINQ GESTES
Levez les bras
Bras tendus au-dessus de la tête, le bas de la veste ne doit pas remonter au-dessus de la ceinture ni découvrir les poignets.
Tournez la tête
Capuche serrée, votre champ de vision doit suivre : une capuche bien réglée tourne avec vous au lieu de vous masquer un œil.
Bouclez la ceinture du sac
Les poches doivent rester accessibles au-dessus de la ceinture ventrale, et les bretelles ne doivent pas tomber sur une couture.
Ouvrez les aérations
Les zips sous les bras doivent s’ouvrir d’une main, sac sur le dos, sans enlever les gants.
Fermez tout
Zip remonté jusqu’au menton, le col doit protéger le bas du visage sans frotter, et les poignets se fermer sur un gant.
La capuche mérite le plus d’attention. Cherchez un réglage sur le tour du visage et un autre à l’arrière, une visière rigide qui garde la pluie loin des yeux et des lunettes. Si vous marchez en via ferrata ou en terrain d’alpinisme, vérifiez qu’elle passe sur un casque.
La fermeture principale doit être étanche ou cachée sous un rabat, et doublée à l’intérieur d’une bande qui arrête le vent. Les poignets à auto-agrippant se règlent mieux que l’élastique seul. Un cordon de serrage en bas de la veste empêche le vent de s’engouffrer. Les renforts aux épaules prolongent la vie d’une veste portée avec un sac lourd.
Pensez enfin à la couleur. Une veste orange, rouge ou jaune se repère de loin si les secours doivent vous chercher dans le brouillard. Une couleur sombre marque moins la boue.
Pourquoi une veste imperméable finit-elle par se mouiller ?
Une veste neuve fait perler l’eau en billes qui roulent sur le tissu. Ce n’est pas la membrane qui fait cela, c’est un traitement déperlant appliqué sur le tissu extérieur. Quand il s’use, le tissu extérieur boit l’eau et devient sombre, lourd et froid. La membrane, en dessous, arrête toujours la pluie. Mais la vapeur de votre transpiration ne traverse plus un tissu détrempé : elle condense à l’intérieur, et vous croyez que la veste fuit.
Ce traitement ne dure pas. Une équipe polonaise a lavé cinq tissus de vêtements techniques 1, 5 puis 10 fois avec trois lessives différentes. Le pouvoir déperlant baissait à chaque lavage, et tous les tissus étaient passés sous le seuil jugé acceptable après 5 lavages. Le traitement sans fluor était le moins résistant au lavage.
Faut-il pour autant éviter de laver votre veste ? Non. La saleté, la crème solaire et le sébum, au col et aux poignets, étouffent le déperlant bien plus vite. Le bon entretien tient en quelques gestes :
- lavez la veste quand elle ne perle plus, zips et rabats fermés, avec une lessive liquide sans adoucissant ;
- rincez deux fois pour éliminer les résidus de lessive ;
- si l’étiquette l’autorise, passez-la au sèche-linge en programme doux : la chaleur réactive souvent le déperlant ;
- versez quelques gouttes d’eau sur l’épaule. Si elles ne perlent toujours pas, appliquez un produit de réimperméabilisation en spray ou en bain de lavage.
Le même raisonnement vaut pour le bas : un pantalon de randonnée déperlant qui ne perle plus est souvent sale plutôt qu’usé.
Sans PFAS : qu’est-ce qui change depuis 2026 ?
Pendant des décennies, les déperlants les plus efficaces reposaient sur des PFAS, les composés fluorés surnommés polluants éternels. Une équipe allemande a analysé 16 vestes d’extérieur achetées en 2011 et 2012 : toutes contenaient des PFAS, et l’acide perfluorooctanoïque, le PFOA, était présent partout. Quatre vestes conservées dans un sac fermé 3,5 ans plus tard ne gardaient que 10 à 20 % de l’un des composés volatils mesurés au départ, signe qu’ils s’échappent du tissu avec le temps.
La loi du 27 février 2025 a tranché en France. Depuis le 1er janvier 2026, la fabrication et la vente de textiles d’habillement et de chaussures destinés aux consommateurs qui contiennent des PFAS au-delà d’un seuil résiduel sont interdites, tout comme les produits imperméabilisants grand public. Selon le ministère de la Transition écologique, les articles fabriqués avant cette date peuvent encore être vendus pendant 12 mois au plus.
Que valent les déperlants sans fluor ? Des chercheurs britanniques ont comparé des tissus traités avec des PFAS à longue chaîne, à chaîne courte, et sans fluor. Contre l’eau, les résultats étaient proches : tous résistaient bien au mouillage. La différence portait sur les graisses, que les traitements sans fluor ne repoussaient pas du tout. Une étude suédoise de 2018 arrive à la même conclusion : certains déperlants sans fluor repoussent très bien l’eau, aucun ne repousse l’huile.
Pour vous, la conséquence est concrète. Une veste sans PFAS reste imperméable, puisque c’est la membrane qui arrête la pluie. Son déperlant se salit plus vite au contact de la crème solaire, de la graisse des mains ou d’un sandwich, et demande d’être lavé et réactivé plus souvent.
Quelle veste pour quelle randonnée ?
Le bon choix dépend moins du prix que de votre terrain et de la durée de vos sorties. Ce tableau résume les situations les plus courantes.
| Votre randonnée | La veste qui convient | Le détail à ne pas négliger |
|---|---|---|
| Journée d’été en moyenne montagne, beau temps annoncé | 2,5 couches légère et compacte | Elle reste dans le sac, mais elle part toujours |
| Automne ou printemps dans les Vosges, le Jura ou le Massif central | 2 ou 3 couches avec aérations | Capuche à visière, poignets réglables |
| Trek de plusieurs jours avec un sac chargé | 3 couches, renforts aux épaules | Poches au-dessus de la ceinture du sac |
| Hiver, neige, raquettes | 3 couches, capuche assez ample pour un bonnet | Associer guêtres et surpantalon |
| Pluie tiède en forêt, sentier abrité du vent | Poncho ou veste légère | Le poncho couvre aussi le sac |
En montagne, le temps peut tourner en une heure, même quand le matin est clair. Consultez le bulletin montagne de Météo-France avant de partir, et emportez votre veste quelle que soit la prévision. Si un membre du groupe, trempé et immobile, se met à grelotter sans pouvoir s’arrêter ou tient des propos confus, mettez-le à l’abri, ajoutez une couche sèche et appelez le 112.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le Gore-Tex et le k-way ?
Gore-Tex est une marque de membrane imperméable et respirante, collée sous le tissu de vestes vendues par de nombreux fabricants. Le mot « k-way », lui, désigne souvent un coupe-vent très léger qui se range dans sa poche. Il arrête une averse et le vent, mais respire peu ou ne tient pas une pluie de plusieurs heures.
Quelle est la meilleure veste imperméable pour femme ?
Celle qui suit votre morphologie : épaules ajustées, taille et bassin assez amples pour fermer la veste sur une polaire, manches qui couvrent les poignets bras tendus. Les critères techniques sont les mêmes que pour un homme. Essayez-la avec votre sac, ceinture ventrale serrée, avant de choisir parmi nos vestes de randonnée pour femme.
Comment se protéger de la pluie en randonnée ?
Une veste à membrane ne suffit pas toujours. Ajoutez un surpantalon ou un pantalon déperlant, une housse sur le sac et, dans l’herbe mouillée ou la boue, des guêtres bien ajustées qui gardent les chaussures au sec. Ralentissez dans les montées pour moins transpirer, et gardez une couche sèche pour les pauses.
Comment reconnaître une veste imperméable ?
Regardez l’étiquette et l’intérieur. Une vraie veste imperméable annonce une membrane ou une enduction, et ses coutures sont recouvertes de bandes collées, visibles à l’envers du tissu. Une veste seulement « déperlante » ou « water resistant » fait perler l’eau un moment, puis se laisse traverser sous une pluie qui dure.
Sources
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Gremmel C, Frömel T, Knepper TP. Systematic determination of perfluoroalkyl and polyfluoroalkyl substances (PFASs) in outdoor jackets. Chemosphere, 2016;160:173-180. doi:10.1016/j.chemosphere.2016.06.043
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Normes ISO 811 (résistance du tissu à la pénétration de l’eau), EN 343 (vêtements de protection contre la pluie) et ISO 11092 (résistance à la vapeur d’eau). Loi n° 2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS, et foire aux questions du ministère de la Transition écologique.