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Comment s’habiller pour une randonnée ?

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Randonneur d'une quarantaine d'années fermant sa veste imperméable vert sauge sur une polaire, bonnet sur la tête, sur un col de montagne dans la brume du matin
Sommaire
  1. Quelle est la règle des trois couches ?
  2. Première couche : quelle matière contre la peau ?
  3. Deuxième couche : polaire ou doudoune ?
  4. Troisième couche : imperméable, softshell ou coupe-vent ?
  5. Comment habiller le bas du corps ?
  6. Pieds, tête et mains : les extrémités
  7. Pourquoi fait-il plus froid au sommet ?
  8. Quelle tenue selon la saison ?
  9. Comment gérer ses couches pendant la marche ?
  10. Quelles erreurs éviter, et quand faire demi-tour ?
  11. Questions fréquentes
  12. Sources

Pour une randonnée, habillez le haut du corps en trois couches que vous ajoutez ou retirez selon l’effort : un maillot respirant en laine mérinos ou en synthétique, une polaire ou une doudoune légère pour isoler, une veste imperméable et coupe-vent. Évitez le coton, partez avec un peu froid et gardez de quoi vous couvrir à chaque pause.

Le froid qui gâche une randonnée arrive rarement dans la montée. Il arrive à la pause, quand le tee-shirt est trempé de sueur et que le vent passe le col.

Bien s’habiller, c’est donc moins se couvrir que gérer l’humidité et le vent, du parking au retour. Voici comment faire, matière par matière, puis comment adapter votre tenue à l’altitude et à la saison.

Quelle est la règle des trois couches ?

La règle des trois couches vient de l’alpinisme, mais elle vaut autant pour deux heures en forêt que pour une journée en montagne. Le principe : plutôt qu’un gros vêtement chaud, superposer trois vêtements fins qui ont chacun un rôle, et en retirer ou en ajouter un selon l’effort et la météo.

La première couche, contre la peau, évacue la transpiration. La deuxième garde la chaleur du corps. La troisième arrête la pluie et le vent.

Aucun vêtement ne fait bien les trois à la fois. Une doudoune très chaude respire mal, une veste imperméable isole peu, un maillot respirant ne coupe pas le vent. C’est leur combinaison, et surtout la possibilité d’en enlever une en deux secondes, qui vous garde au sec et au chaud.

Pourquoi tant d’attention à la sueur ? Parce qu’en montée, votre corps produit beaucoup de chaleur et transpire, même par temps froid. Un tissu mouillé conduit la chaleur bien mieux qu’un tissu sec. À l’arrêt, l’eau qui s’évapore de vos vêtements continue de vous refroidir alors que vous ne produisez presque plus de chaleur. Ce sont ces minutes-là qu’une bonne tenue anticipe.

Planche illustrée du système des trois couches de randonnée : maillot respirant, polaire isolante et veste imperméable superposés, la couche isolante soulignée en orange
Trois vêtements fins plutôt qu’un gros : le maillot évacue, la polaire isole, la veste protège, et chacun se retire séparément.

Le système ne concerne pas que le haut du corps. Il se décline pour les jambes, avec un collant, un pantalon et un surpantalon, et il se complète par les extrémités : pieds, tête, mains. Mais c’est sur le tronc, là où se trouvent le cœur, les poumons et les plus gros vaisseaux, qu’il fait le plus de différence. Maillots, polaires, vestes et pantalons pour composer ce système se trouvent dans notre rayon de vêtements de randonnée.

Première couche : quelle matière contre la peau ?

La première couche est celle que vous portez du matin au soir. Elle doit sécher vite et transporter la transpiration vers l’extérieur, au lieu de la garder contre la peau. Trois familles de matières se partagent les rayons.

La laine mérinos

La laine mérinos vient d’une race de moutons dont la toison donne des fibres très fines, souvent moins de 20 microns pour les sous-vêtements techniques : c’est pour cela qu’elle ne gratte pas. Elle absorbe une partie de la vapeur d’eau à l’intérieur même de la fibre, ce qui la laisse agréable au contact quand elle est humide, et elle garde une partie de son pouvoir isolant mouillée.

Elle retient beaucoup moins les odeurs que le synthétique. Sur un trek de plusieurs jours, c’est un argument concret : le même maillot se porte deux ou trois jours sans gêner vos voisins de refuge.

Ses défauts sont connus. Elle sèche plus lentement qu’un polyester, coûte plus cher, et un maillot 100 % mérinos de 150 g/m² s’use vite sous les bretelles du sac. Les mélanges de mérinos et de polyamide corrigent en partie ce point.

Le polyester et le polyamide

Les fibres synthétiques n’absorbent presque pas d’eau. Elles sèchent donc très vite, ce qui en fait le meilleur choix pour un effort intense ou une journée chaude où vous transpirez beaucoup. Elles sont aussi plus solides et moins chères. Leur point faible est l’odeur, qui s’installe en quelques heures : certains tissus reçoivent un traitement antibactérien, dont l’effet baisse au fil des lavages.

Le coton, à laisser à la maison

Le coton absorbe l’eau et la garde. Un tee-shirt en coton trempé de sueur met des heures à sécher, colle à la peau et vous refroidit à chaque pause. Sur une promenade de plaine par temps sec et doux, c’est supportable. En montagne, au printemps, à l’automne ou dès que le temps peut tourner, c’est le vêtement le plus risqué de votre tenue.

MatièreSéchageOdeursUne fois humidePour quel usage
Laine mérinosMoyenTrès peuGarde une partie de sa chaleurTreks de plusieurs jours, temps frais, hiver
Polyester, polyamideTrès rapideRapidementIsole peu mais sèche viteEffort soutenu, été, sorties à la journée
Mélange mérinos et synthétiqueRapidePeuCorrectCompromis toutes saisons
CotonLentMoyenColle et refroiditBalade courte, sèche et douce seulement

Pour le grammage, comptez environ 120 à 150 g/m² pour une première couche d’été et 200 à 250 g/m² pour l’hiver. Par temps froid, choisissez-la près du corps sans qu’elle comprime : un maillot trop ample laisse la sueur stagner entre la peau et le tissu. En plein été, c’est l’inverse, un peu d’ampleur ventile.

Manches longues ou manches courtes ?

Le tee-shirt à manches courtes reste le plus répandu, mais le maillot à manches longues fin rend plus de services qu’on ne croit. Manches remontées sur les avant-bras, il ventile presque autant. Manches baissées, il protège du soleil, des ronces et des premiers frissons du matin sans sortir la polaire. Les modèles à col zippé ajoutent un réglage : ouvert en montée, fermé à la pause. Pour une seule première couche capable de couvrir une journée de 6 ou 7 heures, de la fraîcheur du départ au soleil de midi, c’est souvent le meilleur compromis.

Les sous-vêtements, le détail qui frotte

Le coton se cache souvent là où on ne le cherche pas : slip, culotte, brassière. Or ce sont les zones qui transpirent le plus sous la ceinture ventrale et les bretelles du sac. Des sous-vêtements synthétiques ou en mérinos, à coutures plates, évitent les irritations de l’entrejambe et du bas du dos qui apparaissent après 15 ou 20 kilomètres. Le test est simple : portez-les une journée entière avant de partir sur plusieurs jours.

Deuxième couche : polaire ou doudoune ?

La deuxième couche emprisonne de l’air, et c’est cet air immobile qui vous isole. Elle se met et s’enlève souvent dans la journée : c’est elle que vous retirez au pied d’une montée et que vous enfilez à la pause.

La polaire

La polaire est un tissu de polyester gratté. Elle respire bien, isole même humide, sèche vite et supporte d’être tassée au fond d’un sac. On la trouve en plusieurs épaisseurs : une polaire légère d’environ 100 g/m² pour l’été ou l’effort, une polaire de 200 à 300 g/m² pour l’hiver. Elle laisse passer le vent, c’est sa limite : seule, elle ne suffit pas sur une crête exposée.

La doudoune

La doudoune est plus chaude pour son poids et se range dans un volume minuscule. Une doudoune légère pèse souvent entre 200 et 400 grammes. Le duvet est le garnissage le plus efficace à sec, mais il perd une grande partie de son gonflant mouillé. Le garnissage synthétique isole un peu moins à poids égal et garde mieux sa chaleur humide.

Comme elle respire mal, la doudoune se porte surtout à l’arrêt : à la pause, au sommet, au bivouac, ou en marche lente par grand froid. Les doudounes de randonnée compressibles tiennent dans une poche de sac et changent une pause de dix minutes au vent.

Un réflexe utile : rangez-la en haut du sac, jamais au fond. Vous l’enfilerez dans la minute qui suit l’arrêt, avant d’avoir refroidi.

Le gilet et la veste hybride

Entre les deux, le gilet sans manches garde le tronc au chaud en laissant les bras libres de transpirer, pour une centaine de grammes. Les vestes hybrides associent un isolant sur le torse et un tissu respirant sous les bras et dans le dos : elles se portent en marchant par temps froid et sec, là où une doudoune vous ferait ruisseler.

Troisième couche : imperméable, softshell ou coupe-vent ?

La troisième couche vous protège de la pluie et du vent. Elle n’est pas faite pour tenir chaud : sous une veste imperméable portée sur un simple tee-shirt, vous aurez froid. Trois types de vestes répondent à des situations différentes.

Type de vesteProtège deRespirabilitéQuand la porter
Veste imperméable à membranePluie, vent, neigeMoyenne à bonneMontagne, météo incertaine, plusieurs jours
SoftshellVent, petite pluieTrès bonneTemps sec et froid, effort soutenu
Coupe-vent légerVent, bruineBonneÉté, crêtes, pauses, en complément

Une veste imperméable se juge sur deux chiffres. L’imperméabilité se mesure en millimètres de colonne d’eau selon la norme ISO 811 : plus la colonne est haute, mieux le tissu résiste à la pression de la pluie, des bretelles et des genoux posés au sol. La respirabilité s’exprime souvent par le RET, mesuré selon la norme ISO 11092 : plus il est bas, mieux la vapeur d’eau s’échappe. Pour lire ces valeurs et comparer les modèles, notre guide pour choisir une veste de randonnée imperméable entre dans le détail.

Regardez aussi ce qui ne figure pas sur l’étiquette. Des coutures étanchées, une capuche qui suit la tête quand vous tournez le regard, des zips d’aération sous les bras et une coupe qui couvre le haut des fesses font plus pour votre confort qu’un chiffre de plus.

Le coupe-vent mérite plus d’attention qu’on ne lui en donne. Une étude publiée en 2012 dans le Clinical Journal of Sport Medicine a fait marcher 9 étudiants sportifs en tee-shirt, short et gants dans une chambre climatique réglée à 0 degré, avec un vent de 10 km/h. Tant qu’ils marchaient vite, à 70 % de leur capacité maximale, leur température interne tenait. Quand l’allure tombait à 30 %, il fallait ajouter un bonnet, une veste et un pantalon coupe-vent légers pour la faire remonter.

Une allure à 30 %, c’est une fin de journée fatiguée, une marche lente en groupe, une attente au bord d’un torrent. Ce n’est pas le froid qui pose problème, c’est le froid quand l’effort baisse. Un coupe-vent de 100 à 200 grammes change la donne pour un poids que vous ne sentirez pas.

Le poncho, enfin, a ses partisans. Il couvre aussi le sac et ventile mieux qu’une veste, mais il se transforme en voile dès que le vent forcit. Il convient aux chemins de plaine et aux pluies tièdes, beaucoup moins aux crêtes.

Comment habiller le bas du corps ?

Les jambes fournissent l’essentiel du travail et chauffent vite : elles supportent en général une couche de moins que le haut. Le système des trois couches s’y applique quand même, en version allégée.

Le pantalon de randonnée fait office de couche principale. En polyamide ou en polyester, souvent avec un peu d’élasthanne pour la liberté des genoux, il sèche en une heure là où un jean reste mouillé une demi-journée. Un modèle déperlant fait perler une averse légère, sans être imperméable. Coupe, matière, saison, longueur : notre guide pour savoir quel pantalon choisir pour une randonnée passe ces critères en revue.

Par temps froid, un collant thermique sous le pantalon joue le rôle de première couche. Par pluie franche ou neige, un surpantalon imperméable complète la tenue : les modèles à zips latéraux s’enfilent sans retirer les chaussures, ce qui compte quand l’averse vous surprend au milieu d’un pierrier.

En été, le short ou le pantalon convertible, dont les jambes se détachent par une fermeture à glissière, laissent respirer. Un pantalon léger protège pourtant mieux des orties, des ronces, du soleil et des tiques. Ces dernières sont présentes en France du printemps à l’automne dans les herbes hautes et les sous-bois. Santé publique France conseille de porter des vêtements longs et couvrants et d’inspecter tout son corps au retour. Rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes n’a rien d’élégant, mais cela empêche les tiques de se glisser sous le tissu.

Pieds, tête et mains : les extrémités

Les pieds

Des chaussettes de randonnée en laine ou en synthétique, sans coton, avec des renforts au talon et aux orteils, limitent les frottements qui font les ampoules. Prévoyez une paire de rechange pour les longues journées : enfiler des chaussettes sèches à mi-parcours, c’est un confort que vous mesurerez le soir.

Pour la chaussure elle-même, tige basse ou haute, rigidité de la semelle, pointure, suivez notre guide pour bien choisir ses chaussures de randonnée. Une règle commune : jamais de chaussures neuves sur une grande sortie, rodez-les sur plusieurs balades avant.

La tête

On répète souvent qu’on perd la moitié de sa chaleur par la tête. Les mesures disent autre chose. En 2006, des physiologistes ont immergé 8 hommes dans une eau à 17 degrés, la tête hors de l’eau puis sous l’eau. La tête représente 7 % de la surface du corps, et l’immerger n’augmentait la perte de chaleur totale que de 10 %.

Le bonnet reste pourtant précieux. Dans la même étude, refroidir la tête accélérait le refroidissement du corps bien plus que cette perte de chaleur ne l’expliquait, de 42 % en moyenne : le froid sur le crâne, le visage et la nuque pousse l’organisme à resserrer sa circulation, et le centre du corps refroidit plus vite.

TROIS IDÉES REÇUES SUR LA TENUE DE RANDONNÉE

Ce qu’on entend

  • On perd la moitié de sa chaleur par la tête.
  • Plus on est couvert au départ, mieux on se protège du froid.
  • Une veste imperméable tient chaud.

Ce que montrent les faits

  • La tête pèse 7 % de la surface du corps et environ 10 % de la perte de chaleur, mais la refroidir accélère le refroidissement du corps.
  • Trop couvert, vous transpirez, et c’est la sueur qui vous refroidit à la pause.
  • Elle coupe la pluie et le vent ; c’est la couche du dessous qui isole.
Sources : Pretorius et coll., Journal of Applied Physiology, 2006 ; principe des trois couches.

Un bonnet fin ou un bandeau en hiver, une casquette ou un chapeau à large bord en été, un tour de cou en toute saison : ce sont les vêtements qui offrent le plus de confort pour le moins de poids dans votre sac. Le tour de cou, porté en bandeau, en cagoule ou remonté sur le nez, sert de cinq façons pour 40 grammes.

Les mains et les yeux

Les doigts se refroidissent vite, surtout quand ils serrent des bâtons pendant des heures. Une paire de gants fins suffit en mi-saison. En hiver, superposez des sous-gants et des moufles ou des gants isolants, et gardez une paire sèche de rechange dans un sachet étanche.

Pour les yeux, des lunettes de soleil de catégorie 3 conviennent à la plupart des randonnées en montagne, la catégorie 4 étant réservée à la neige et aux glaciers. La norme EN ISO 12312-1 les déconseille pour conduire : gardez une autre paire dans la voiture.

Pourquoi fait-il plus froid au sommet ?

Au parking, vous êtes en tee-shirt. Trois heures plus tard, au col, vous enfilez tout ce que contient votre sac. Ce n’est pas une impression : trois phénomènes s’additionnent.

L’air se refroidit avec l’altitude

Dans l’atmosphère standard qui sert de référence aux météorologues et à l’aviation, la température baisse de 6,5 degrés tous les 1 000 mètres, soit 0,65 degré par 100 mètres. La valeur réelle varie selon les jours, mais l’ordre de grandeur suffit pour s’habiller. Pour une randonnée qui monte de 800 mètres, attendez-vous à trouver environ 5 degrés de moins au sommet qu’au départ, avant même de compter le vent.

Le vent fait chuter la température ressentie

Le vent arrache la fine couche d’air tiède que votre corps garde contre la peau. Les services météorologiques traduisent cet effet en température ressentie, ou indice de refroidissement éolien. Le tableau publié par Environnement Canada, qui a mis au point cet indice avec les services américains, donne pour un air à 0 degré une sensation de -3 avec un vent de 10 km/h, et de -7 avec un vent de 40 km/h.

TEMPÉRATURE RESSENTIE POUR UN AIR À 0 °C, SELON LE VENT

Vent de 10 km/h -3 °C
Vent de 20 km/h -5 °C
Vent de 30 km/h -6 °C
Vent de 40 km/h -7 °C
Indice de refroidissement éolien, tableau d’Environnement et Changement climatique Canada. Avec un air à -5 °C, un vent de 30 km/h donne déjà un ressenti de -13 °C.

Additionnez les deux. Un départ à 8 degrés dans la vallée, 900 mètres de dénivelé, un vent de 30 km/h sur la crête : vous voilà dans des conditions ressenties proches de zéro, voire en dessous. C’est pour ce moment que la deuxième et la troisième couche voyagent dans le sac, même par une belle matinée.

Randonneuse d'une cinquantaine d'années enfilant une veste coupe-vent sur sa polaire lors d'une pause sur un col venté, son sac à dos posé à ses pieds
Au col, veste et bonnet sortent du sac dans la minute qui suit l’arrêt, avant que la sueur ne refroidisse le dos.

Plus haut, plus de soleil aussi

L’altitude augmente le rayonnement ultraviolet. Une étude de modélisation publiée en 2016 rappelle que l’irradiance responsable des coups de soleil progresse de 0,5 à 4 % tous les 100 mètres, et ses calculs atteignent 10 % par 100 mètres en montagne enneigée, quand la neige renvoie les rayons vers le visage.

Un vêtement couvrant protège la peau sans qu’il faille en remettre toutes les deux heures, à condition que le tissu soit assez serré. Sur 236 textiles de collections d’été mesurés en 2001, un tiers laissaient passer trop d’UV, avec un facteur de protection inférieur à 15. Plus de 70 % des tissus en laine, en polyester et en mélanges atteignaient un facteur de 30, contre moins de 30 % des tissus en coton, en lin et en viscose.

Quelle tenue selon la saison ?

Le système des trois couches ne change pas d’une saison à l’autre. Ce qui change, ce sont les épaisseurs, et ce que vous portez sur vous ou rangez dans le sac.

SaisonSur vous au départDans le sacPoints de vigilance
ÉtéTee-shirt synthétique ou mérinos léger, short ou pantalon fin, casquette ou chapeauCoupe-vent, polaire légère en altitude, lunettes, crème solaireSoleil, orages l’après-midi, tiques
Printemps et automneMaillot à manches longues, pantalon, polaire fine si le départ est froidVeste imperméable, bonnet et gants fins, doudoune légèreÉcarts de température, pluie, jours plus courts
HiverPremière couche en mérinos, polaire, pantalon doublé ou collant sous le pantalon, bonnetDoudoune, veste imperméable, gants de rechange, boisson chaudeVent, neige, nuit tombée tôt, pauses courtes

En été

L’été ajoute ses propres pièges : la chaleur, les coups de soleil et les orages de fin de journée. Le maillot léger à manches longues, le chapeau à large bord et le pantalon fin y gagnent souvent sur le débardeur. Nous détaillons cette tenue, matière par matière, dans notre article sur la tenue de randonnée en été.

Au printemps et à l’automne

Ce sont les saisons des grands écarts. Un départ à 5 degrés à 8 heures, 18 degrés à midi au soleil, une averse froide à 16 heures : la tenue doit pouvoir changer trois fois dans la journée. C’est là que le système des couches donne toute sa mesure, à condition de ne pas oublier le bonnet et les gants fins, qu’on regrette dès qu’on les a laissés dans la voiture. Les jours raccourcissent aussi : une lampe frontale rejoint le sac dès le mois d’octobre.

En hiver

En hiver, la difficulté n’est pas d’avoir chaud en marchant, c’est de ne pas avoir froid à l’arrêt. Une première couche en mérinos de 200 à 250 g/m², une polaire, une veste imperméable et un pantalon doublé, ou un collant sous un pantalon déperlant, forment la base. La doudoune reste dans le sac pour les pauses, que vous raccourcissez : dix minutes debout au vent suffisent à vous glacer.

Une bouteille isotherme de boisson chaude réchauffe plus sûrement qu’une couche de plus. En raquettes ou sur un itinéraire enneigé, consultez aussi le bulletin d’estimation du risque d’avalanche publié par Météo-France pour le massif, et renoncez si vous ne savez pas le lire.

Le soir, au refuge ou au bivouac

La journée finie, la tenue change de rôle. Retirez tout de suite la première couche humide de sueur, même si elle vous paraît presque sèche, et enfilez un maillot sec réservé à la soirée. Ce vêtement-là ne sert jamais à marcher : c’est la garantie d’avoir quelque chose de sec quoi qu’il arrive. Un bonnet et une paire de chaussettes propres complètent cette tenue du soir pour quelques dizaines de grammes. En bivouac, la doudoune et le collant thermique prolongent la soirée dehors, puis aident le sac de couchage pendant la nuit, à condition d’être secs.

Comment gérer ses couches pendant la marche ?

Avoir les bons vêtements ne suffit pas, il faut les mettre et les enlever au bon moment. La règle la plus utile tient en une phrase : partez avec un peu froid.

Si vous êtes bien au chaud au parking, vous serez en nage après dix minutes de montée. Retirez la polaire avant de partir, et non au premier lacet, quand la sueur a déjà mouillé la première couche.

UNE JOURNÉE DE COUCHES, DU PARKING AU RETOUR

01

Au départ

Première couche et, si l’air pique, un coupe-vent. Vous devez avoir un peu frais pendant les cinq premières minutes.

02

Dans la montée

Ouvrez les zips, retirez bonnet et gants avant de transpirer. Mieux vaut s’arrêter trente secondes que tremper son maillot.

03

À la pause

Enfilez la doudoune ou la polaire dans la minute, puis le coupe-vent si l’air bouge. Retirez-les juste avant de repartir.

04

Au sommet ou au col

Toutes les couches si le vent souffle, bonnet compris : c’est souvent l’endroit le plus froid de la journée.

05

Dans la descente

L’effort baisse. Gardez une couche de plus qu’à la montée pendant le premier quart d’heure, puis allégez.

Plus vous ajustez tôt, moins vous transpirez, et moins vous aurez froid aux arrêts.

Ces petits arrêts ne sont pas du temps perdu. Un maillot qui reste sec est la meilleure assurance contre le refroidissement de fin de journée, celui qui frappe quand on est fatigué et que l’allure baisse.

Ce que la tenue pèse dans le sac

Les couches de réserve ont un coût en poids, qu’il vaut mieux connaître pour arbitrer. Voici des ordres de grandeur courants pour des vêtements de randonnée légers, taille adulte.

VêtementPoids courantÀ emporter
Maillot de première couche120 à 220 gUn sur vous, un de rechange au-delà de 4 heures
Polaire250 à 450 gToute l’année en montagne
Doudoune légère200 à 400 gMi-saison et hiver, été en altitude
Veste imperméable250 à 500 gDès que la météo est incertaine
Coupe-vent60 à 200 gToute l’année
Bonnet, tour de cou, gants fins100 à 180 g au totalToute l’année en montagne

Une réserve complète pèse donc entre 1 et 2 kg. Rangée dans un sac étanche ou un simple sac poubelle à l’intérieur du sac à dos, elle reste sèche même si la housse de pluie laisse passer l’averse.

Vêtements de randonnée de réserve posés sur un rocher : maillot à manches longues, polaire, doudoune légère compressée, veste imperméable, bonnet et gants fins, à côté d'un sac étanche
La réserve complète d’une journée en montagne tient dans un sac étanche de quelques litres, rangé en haut du sac à dos.

Quelles erreurs éviter, et quand faire demi-tour ?

Partir trop couvert est la première. Les suivantes reviennent presque aussi souvent.

Tout miser sur une grosse veste. Un seul vêtement épais ne se module pas. Trop chaud en montée, trempé dedans, il vous laisse grelotter à l’arrêt.

Oublier le haut de rechange. Sur une sortie de plus de 4 heures, un maillot sec se change en deux minutes au sommet, et le dos cesse de refroidir.

Confondre déperlant et imperméable. Un tissu déperlant fait glisser une averse, mais une pluie de plusieurs heures finit par le traverser. Seule une veste à membrane aux coutures étanchées tient sous une pluie continue.

Laisser passer le coton caché. Sous-vêtements, chaussettes, sweat à capuche : il se glisse partout. Lisez les étiquettes avant de partir.

S’habiller pour la météo de la vallée. Consultez les prévisions de Météo-France pour la montagne et l’altitude visée, et la vigilance orages en été. Si le ciel se charge, si le vent forcit ou si quelqu’un du groupe grelotte, le demi-tour est une décision aussi normale que d’enfiler une veste.

Un dernier point de sécurité. Si une personne tremble sans pouvoir s’arrêter, parle de façon confuse ou trébuche, mettez-la à l’abri du vent, couvrez-la de toutes les couches disponibles et d’une couverture de survie, et appelez le 112. Ce numéro d’urgence européen passe par n’importe quel réseau mobile disponible, même si le vôtre ne capte pas.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le syndrome du randonneur ?

C’est une vascularite d’effort : des plaques rouges ou violacées, parfois des démangeaisons, sur le bas des jambes après une longue marche par temps chaud. Dans une étude française sur 162 randonneurs, elle touchait surtout des femmes et des personnes avec des varices. Elle disparaît seule en moins de dix jours. Consultez si elle persiste ou récidive.

Quels sont les 10 essentiels à prendre en randonnée ?

La liste classique des clubs de montagne nord-américains regroupe : de quoi s’orienter, une lampe frontale, une protection solaire, une trousse de secours, un couteau, de quoi faire du feu, un abri de secours comme une couverture de survie, de la nourriture, de l’eau et des vêtements en plus. Ces vêtements de rechange sont la deuxième et la troisième couche.

Peut-on faire une randonnée en jean ?

Sur un sentier court, plat et par temps sec, oui. Au-delà, le jean est lourd, serre les genoux dans les montées et absorbe l’eau : mouillé par une averse ou la rosée, il met des heures à sécher et refroidit les jambes. Un pantalon de randonnée en polyamide pèse deux fois moins et sèche en une heure environ.

Faut-il une tenue différente pour les femmes ?

Les principes sont les mêmes : trois couches, pas de coton, des chaussettes techniques. Ce qui change, ce sont les coupes, plus ajustées aux hanches et aux épaules, et la brassière, qui doit elle aussi être synthétique ou en mérinos. Une brassière en coton trempée de sueur reste froide sous le sac pendant toute la descente.

Sources

Pretorius T, Bristow GK, Steinman AM, Giesbrecht GG. Thermal effects of whole head submersion in cold water on nonshivering humans. Journal of Applied Physiology, 2006;101(2):669-675. doi:10.1152/japplphysiol.01241.2005

Burtscher M, Kofler P, Gatterer H et coll. Effects of lightweight outdoor clothing on the prevention of hypothermia during low-intensity exercise in the cold. Clinical Journal of Sport Medicine, 2012;22(6):505-507. doi:10.1097/JSM.0b013e318257c9cc

Schrempf M, Haluza D, Simic S et coll. Is multidirectional UV exposure responsible for increasing melanoma prevalence with altitude? A hypothesis based on calculations with a 3D-human exposure model. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2016;13(10):961. doi:10.3390/ijerph13100961

Gambichler T, Rotterdam S, Altmeyer P, Hoffmann K. Protection against ultraviolet radiation by commercial summer clothing: need for standardised testing and labelling. BMC Dermatology, 2001;1:6. doi:10.1186/1471-5945-1-6

Quéneau A, Pistorius MA, Connault J et coll. Case-control study on exercise-induced vasculitis in hikers. Angiology, 2022;73(7):643-648. doi:10.1177/00033197211065792

Organismes cités : Environnement et Changement climatique Canada (indice de refroidissement éolien), Météo-France (prévisions montagne, vigilance, bulletin d’estimation du risque d’avalanche), Santé publique France (prévention des piqûres de tiques), normes ISO 811, ISO 11092 et EN ISO 12312-1.

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