Sommaire
- Pourquoi a-t-on froid en randonnée l’hiver ?
- Quelles couches porter pour randonner en hiver ?
- Pourquoi emporter une doudoune, même si vous avez chaud en marchant ?
- Comment habiller vos jambes dans le froid et la neige ?
- Gants ou moufles : comment garder les mains au chaud ?
- La tête perd-elle vraiment 40 % de la chaleur du corps ?
- Comment garder les pieds au chaud et au sec ?
- Gelures et hypothermie : quand faut-il réagir ?
- Questions fréquentes
- Sources
Pour une randonnée en hiver, superposez trois couches qui sèchent vite (laine mérinos ou synthétique contre la peau, polaire, veste coupe-vent), sans coton, et gardez dans le sac une doudoune pour les pauses. Protégez d’abord les extrémités : moufles sur sous-gants, bonnet, tour de cou, chaussettes en laine et chaussures montantes imperméables, avec des guêtres dans la neige.
En hiver, on part souvent trop couvert. Vingt minutes de montée plus tard, le dos est trempé. Puis vient la pause au col, dans le vent, et le froid entre d’un coup.
Ce froid-là ne vient pas seulement du thermomètre. Il vient de votre propre sueur, piégée dans vos vêtements. Ce guide vous montre comment vous habiller pour rester sec en marchant et au chaud à l’arrêt, des pieds jusqu’au bout des doigts.
Pourquoi a-t-on froid en randonnée l’hiver ?
Trois choses vous refroidissent en hiver : l’air froid, le vent, et l’eau. L’air froid, tout le monde y pense. Les deux autres sont plus sournois.
Le vent multiplie la sensation de froid
Le vent arrache en permanence la fine couche d’air tiède qui entoure votre corps. Les météorologues traduisent cet effet par la température ressentie, ou indice de refroidissement éolien. Selon le glossaire de Météo-France, par une température de -10 °C et un vent de 30 km/h, cet indice avoisine -20 : votre peau perd sa chaleur comme dans un air calme à -20 °C. Météo-France précise que c’est un indice sans unité, pas une vraie température, et qu’il dépend aussi de l’humidité et du soleil.
Sur une crête dégagée, ce vent change tout. Une tenue confortable dans un vallon abrité devient insuffisante dès que le sentier débouche sur le col.
La sueur reste dans vos vêtements
La marche en montée produit beaucoup de chaleur, même par -5 °C. Votre corps transpire pour l’évacuer. En été, cette vapeur traverse les tissus et s’évapore dehors. En hiver, elle rencontre des couches de plus en plus froides à mesure qu’elle s’éloigne de la peau, et une partie se condense en eau à l’intérieur même de vos vêtements.
Des chercheurs européens l’ont mesuré en 2008 sur des mannequins thermiques habillés de deux couches. À 10 °C, la perte de chaleur des vêtements humides dépassait nettement ce que la seule évaporation aurait expliqué. Les auteurs l’attribuent à la condensation dans les couches et au fait qu’un tissu mouillé conduit mieux la chaleur. Le résultat dépendait surtout d’une chose : la perméabilité de la couche extérieure.
COMMENT LA SUEUR VOUS REFROIDIT À LA PAUSE
D’où la règle qui structure tout ce guide : en hiver, vous ne vous habillez pas seulement contre le froid. Vous vous habillez contre l’humidité que vous fabriquez. Le coton, qui garde l’eau et sèche lentement, n’a donc pas sa place sur vous, ni en t-shirt, ni en sweat, ni en jean.
Les journées sont courtes et les pauses plus froides
Autour du solstice, la France n’a que 8 à 9 heures de jour selon la latitude. Une randonnée de 5 heures qui part à 11 heures finit dans la pénombre, au moment où la température chute. Partez tôt, prévoyez une lampe frontale, et comptez qu’en montagne la température baisse d’environ 0,65 °C tous les 100 mètres de dénivelé : 800 mètres plus haut, il fait environ 5 °C de moins qu’au parking.
Quelles couches porter pour randonner en hiver ?
Le principe des trois couches reste la base, été comme hiver. La Fédération française de randonnée le résume ainsi : une première couche qui évacue la sueur, une deuxième qui isole, une troisième qui coupe le vent et, si possible, la pluie, tout en restant respirante. Nous détaillons chaque matière dans notre guide pour s’habiller en randonnée en toute saison. Voici ce qui change quand il fait froid.
La première couche : chaude même humide
Contre la peau, l’hiver, on monte en épaisseur. Un maillot à manches longues en laine mérinos de grammage moyen, autour de 200 g/m², ou un synthétique de type polyester à mailles, fait le travail pour la plupart des sorties. Ajoutez un collant de même matière sous le pantalon dès que le thermomètre passe sous zéro.
Mérinos ou synthétique ? Les deux évacuent l’humidité. La laine mérinos reste plus chaude au toucher une fois humide et garde moins les odeurs, ce qui compte sur plusieurs jours. Le synthétique sèche plus vite et résiste mieux aux frottements des bretelles du sac. Pour une journée de randonnée sportive, le synthétique se défend ; pour un itinéraire de plusieurs jours ou un marcheur qui a vite froid, la laine prend l’avantage.
La deuxième couche : isoler sans étouffer
En marchant, une polaire fine ou moyenne suffit souvent, même par -5 °C. Elle respire bien et laisse sortir la vapeur. La tentation est de prendre la plus épaisse : vous risquez d’avoir trop chaud dans la première montée, donc de transpirer, donc d’avoir froid plus tard.
Une polaire à fermeture éclair longue, ou une veste isolante légère et ventilée, se règle sans s’arrêter. C’est ce qui permet de suivre l’effort : on ouvre en montée, on ferme sur le replat.
La troisième couche : couper le vent avant tout
Par temps sec et froid, une softshell coupe-vent respire mieux qu’une veste imperméable et suffit dans la majorité des sorties. Gardez une veste imperméable à membrane dans le sac si la neige mouillée, la pluie ou le vent violent sont annoncés. Pour lire les chiffres d’imperméabilité et de respirabilité, notre guide pour choisir une veste de randonnée imperméable fait le tri.
Le tableau ci-dessous donne des repères selon les conditions. Ce sont des points de départ, à ajuster selon votre sensibilité au froid, votre allure et le vent annoncé.
| Conditions | Pendant la marche | Dans le sac pour les pauses | Extrémités |
|---|---|---|---|
| Balade en forêt, 0 à +5 °C, sans vent | Première couche, polaire fine, coupe-vent léger | Doudoune légère | Bonnet fin, gants légers, chaussettes en laine |
| Neige en moyenne montagne, -5 à 0 °C | Première couche épaisse, collant, polaire fine, softshell | Doudoune, gants de rechange | Bonnet, tour de cou, sous-gants et moufles, guêtres |
| Raquettes ou crête, -10 °C ou moins | Première couche épaisse, collant, polaire moyenne, softshell | Doudoune chaude à capuche, veste imperméable | Bonnet, cagoule ou tour de cou, moufles doublées, lunettes |
| Vent fort ou neige mouillée | Même tenue, veste imperméable à membrane fermée | Couche sèche de rechange, doudoune synthétique | Moufles imperméables, deuxième paire de gants |
Remarquez que la colonne du milieu ne bouge presque pas d’une ligne à l’autre. Ce qui change avec le froid, c’est surtout ce que vous portez à l’arrêt et sur les extrémités.

Pourquoi emporter une doudoune, même si vous avez chaud en marchant ?
Parce que l’effort et le repos ne demandent pas du tout la même tenue. En montée, votre corps chauffe comme un poêle. À l’arrêt, il produit beaucoup moins de chaleur, et vos couches éventuellement humides refroidissent vite. La Fédération française de randonnée insiste sur ce point : il faut se recouvrir tout de suite lors des pauses ou des arrêts, pas cinq minutes plus tard quand les frissons arrivent.
La solution est une couche que vous ne portez presque jamais en marchant : la doudoune de pause. Vous l’enfilez dès que vous posez le sac, par-dessus tout le reste, et vous la retirez juste avant de repartir. C’est souvent la pièce qui fait la différence entre une pause agréable et une pause écourtée. Vous trouverez des modèles légers et compressibles, pour homme et femme, dans notre rayon doudoune de randonnée.
Rangez-la en haut du sac ou dans la poche du rabat, jamais au fond sous le pique-nique. Si vous devez vider le sac pour l’atteindre, vous attendrez d’avoir froid pour la sortir, et vous perdrez les premières minutes de la pause, celles où le corps se refroidit le plus vite.
Duvet ou garnissage synthétique ?
Le duvet offre le meilleur rapport chaleur sur poids : une doudoune légère pèse souvent entre 250 et 400 grammes et tient dans un sac de la taille d’une gourde. Sa faiblesse est l’eau. Mouillé, le duvet s’affaisse et perd une grande partie de sa capacité à isoler.
Le garnissage synthétique pèse un peu plus et se compresse moins, mais continue à isoler quand il est humide. Il convient mieux aux régions où l’hiver est doux et humide, comme les Vosges, le Jura ou les Pyrénées atlantiques, et aux marcheurs qui enfilent la doudoune directement sur une couche encore moite. Le duvet garde l’avantage par froid sec, en altitude.
Comment choisir sa doudoune de pause
Prenez-la assez ample pour la passer par-dessus votre veste coupe-vent, sans la comprimer : une doudoune écrasée isole moins. Une capuche est précieuse au sommet, dans le vent. Des poches intérieures permettent de garder au chaud une batterie de téléphone ou une paire de gants de rechange.
Et si vous êtes trempé ?
À la pause de midi, ou en arrivant dans un refuge, changez de première couche si elle est mouillée. Une étude suédoise de 2015 l’a mesuré chez 8 volontaires qui grelottaient en vêtements mouillés, à -18,5 °C. Retirer les vêtements mouillés, ou ajouter une couche étanche à la vapeur par-dessus, a réduit l’effort de leur corps pour produire de la chaleur et réchauffé la peau d’environ 1 °C de plus. L’inconfort lié au froid baissait surtout avec la couche étanche ou une couverture de plus. Un maillot sec dans un sac étanche pèse 150 à 250 grammes et peut sauver la fin de journée.
Comment habiller vos jambes dans le froid et la neige ?
Les jambes travaillent en permanence et ont rarement froid pendant la marche. Elles souffrent surtout à l’arrêt, et quand la neige mouille le bas du pantalon.
La combinaison la plus polyvalente associe un collant thermique en laine ou en synthétique et un pantalon softshell déperlant, un peu plus épais qu’en été. Il coupe le vent, sèche vite et laisse les genoux libres. Par grand froid ou en raquettes dans la poudreuse, un pantalon doublé ou un surpantalon imperméable peut s’ajouter. Choisissez un modèle à zips latéraux, qui s’enfile sans retirer les chaussures.
Bannissez le jean. Il est lourd, se gorge d’eau au contact de la neige, sèche en plusieurs heures et colle au genou à chaque pas.
Faut-il un pantalon de ski ?
Un pantalon de ski isole bien, mais il est conçu pour quelqu’un qui reste immobile sur un télésiège puis descend sans effort. En randonnée, vous monterez avec : la plupart des marcheurs y transpirent dès la première côte. Gardez-le pour les sorties très lentes, une balade en famille avec de jeunes enfants par exemple, ou pour un froid sec et intense. Sinon, le duo collant et softshell, avec un surpantalon dans le sac, s’adapte bien mieux aux changements d’allure.
Habiller un enfant pour la randonnée d’hiver
Un enfant a une grande surface de peau par rapport à son poids : il se refroidit plus vite qu’un adulte, et il ne le dit pas toujours. Il alterne aussi des moments de course et de longues stations accroupi dans la neige. Habillez-le sur le même principe de couches, avec un pantalon imperméable ou une combinaison de neige dès qu’il va jouer dedans, des moufles plutôt que des gants, et un bonnet qui couvre les oreilles. Emportez une tenue complète de rechange, chaussettes comprises. Touchez régulièrement sa nuque et ses mains : froides et humides, c’est le moment de changer une couche ou de rentrer.
Dans la neige, la guêtre fait le joint entre le pantalon et la chaussure. Elle empêche la neige d’entrer par le haut, là où elle fond et mouille la chaussette. Notre article pour mettre des guêtres de randonnée montre les bons gestes, sangle sous la semelle comprise, pour qu’elles ne glissent pas en marchant.
Gants ou moufles : comment garder les mains au chaud ?
Les mains se refroidissent vite. Elles sont petites, loin du cœur, et le corps réduit leur irrigation dès qu’il a froid pour protéger ses organes vitaux. Vous en avez besoin pour régler une fixation, ouvrir un thermos ou sortir une carte : il faut donc des protections qui se retirent et se remettent vite.
Ce que dit un test mené en Antarctique
En 2016, un médecin a testé un assortiment de gants et de moufles pendant l’hiver antarctique. Une sonde collée sur le petit doigt mesurait la température à l’intérieur pendant 20 minutes de marche dans le froid, main immobile. Les protections qui ont gardé les doigts au-dessus de 15 °C étaient les gants et moufles chauffants, et les moufles portées avec un sous-gant.
Les moufles sans sous-gant ont en général fait mieux que les gants non chauffants. Logique : dans une moufle, les doigts se réchauffent les uns les autres. Plus surprenant, un chauffe-mains chimique glissé contre le poignet a augmenté la perte de chaleur, sans doute par l’ouverture laissée autour.
Le système sous-gants et moufles
La solution la plus souple est un système en deux pièces. Un sous-gant fin, en soie, en laine ou en synthétique, reste en permanence sur les mains. La FFRandonnée le recommande pour manipuler les raquettes ou le sac sans exposer la peau au froid. Par-dessus, une moufle ou un gant isolant, que vous retirez pour les gestes précis.
Attachez les moufles au poignet par une dragonne : une moufle qui s’envole sur une pente neigeuse est perdue. Gardez une deuxième paire de gants sèche dans le sac, car les gants mouillés de neige refroidissent les doigts en quelques minutes. Notre sélection de gants de randonnée réunit des modèles légers et des modèles chauds.
La tête perd-elle vraiment 40 % de la chaleur du corps ?
C’est l’une des phrases les plus répétées sur le sujet, jusque dans les résumés des moteurs de recherche. Elle est fausse, et le BMJ, revue médicale britannique, l’a classée dès 2008 parmi les mythes médicaux les plus tenaces.
Une équipe canadienne l’a mesuré en 2006 sur 8 hommes plongés dans une eau à 17 °C, frissons bloqués par un médicament. La tête représente environ 7 % de la surface du corps. L’immerger augmentait la perte totale de chaleur de seulement 10 %, à peu près dans la proportion de sa surface. Elle ne perd donc pas plus de chaleur que le reste du corps à surface égale.
Mais la même étude apporte une nuance qui compte. Immerger la tête accélérait le refroidissement du centre du corps bien plus que ne le laissait prévoir cette petite perte de chaleur : 42 % de plus en moyenne. Les auteurs l’expliquent par la réaction du corps au froid sur le visage, le cuir chevelu et le cou, qui modifie la circulation du sang.
LA TÊTE ET LE FROID : CE QU’ON DIT, CE QU’ON A MESURÉ
Idée reçue
- On perd 40 % de sa chaleur par la tête.
- Un bon bonnet suffit à compenser une tenue légère.
Ce que montrent les mesures
- La tête fait environ 7 % de la surface du corps et perd à peu près sa part de chaleur.
- Le froid sur la tête et le cou accélère pourtant le refroidissement du centre du corps.
- Le bonnet compte, mais il ne remplace aucune couche sur le tronc.
En pratique, couvrez la tête et le cou, mais pour de bonnes raisons. Un bonnet en laine ou en polaire, un tour de cou que l’on remonte sur le nez dans le vent, et une capuche pour les crêtes. Par grand froid ou vent fort, une cagoule protège le visage entier. En montée, un bandeau suffit souvent et évite de transpirer sous le bonnet.
Sur la neige, protégez aussi vos yeux. La neige renvoie une grande partie du rayonnement du soleil, et des lunettes de catégorie 3, ou 4 en haute montagne, évitent la brûlure de la cornée. Une crème solaire sur le nez et les pommettes complète la protection, même par temps voilé.
Comment garder les pieds au chaud et au sec ?
Les pieds sont la zone la plus difficile à garder au chaud en hiver. Ils sont au contact de la neige, loin du cœur, et ils transpirent beaucoup dans une chaussure fermée.
d’isolation thermique en moins : c’est ce que l’humidité dans la chaussure, combinée au mouvement, peut faire perdre à une chaussure d’hiver, selon la revue de référence sur la protection des pieds au froid.
Kuklane, Industrial Health, 2009.
Le même chercheur avait mesuré l’effet de la sueur sur un pied thermique en 1999. Selon le débit de transpiration simulé, cinq chaussures ont perdu de 9 à 36 % de leur isolation en 1 heure 30. Les chaussures les plus isolées perdaient même davantage, en proportion, que les modèles fins. Une chaussure très chaude ne vous garantit donc pas des pieds chauds si vous les faites transpirer.
Les chaussettes
Prenez des chaussettes de randonnée en laine mérinos ou en mélange laine et synthétique, montantes, un peu plus épaisses qu’en été. Pas de coton. Une seule bonne chaussette vaut mieux que deux superposées, qui serrent le pied et créent des plis.
Le serrage est un vrai piège. Les recommandations de la Wilderness Medical Society sur la prévention des gelures demandent d’éviter tout vêtement qui comprime et gêne la circulation du sang. Une chaussure lacée trop serré, ou trop petite pour une chaussette épaisse, refroidit le pied au lieu de le protéger. Remuez les orteils : s’ils ne bougent pas librement, desserrez.
Les chaussures
Pour la randonnée hivernale, une chaussure montante, imperméable et à semelle crantée convient à la plupart des sorties sur neige. Essayez-la avec vos chaussettes d’hiver : il faut souvent une demi-pointure de plus qu’en été. Notre guide pour choisir ses chaussures de randonnée détaille l’essayage et le test du doigt derrière le talon.
Sur la neige tassée ou le verglas, ajoutez des crampons à neige, qui s’enfilent sur la semelle. Le soir, sortez les semelles intérieures et faites sécher les chaussures à l’air, loin du feu ou du radiateur, qui durcit le cuir et décolle les semelles. Si vous dormez en refuge ou en tente, glissez les chaussons et la paire de chaussettes du lendemain dans votre sac de couchage.
Si vos pieds ont toujours froid
Certains marcheurs ont les orteils glacés quoi qu’ils fassent. Trois réglages aident souvent. Une semelle intérieure isolante, en feutre ou en laine, coupe le froid qui monte du sol enneigé. Une paire de chaussettes sèches à la pause de midi relance la journée : dans l’étude de 1999, plus de la moitié de la perte d’isolation mesurée sur 8 heures de transpiration survenait dès la première heure et demie. Enfin, marchez à un rythme régulier plutôt que par à-coups, et bougez les orteils pendant les arrêts. Si vos doigts ou vos orteils deviennent blancs puis bleus au moindre froid, parlez-en à votre médecin : ce peut être un syndrome de Raynaud, qui se prend en charge.
Gelures et hypothermie : quand faut-il réagir ?
Bien habillé, un randonneur en bonne santé marche sans danger par des températures largement négatives. Le risque naît d’une combinaison : vent, humidité, immobilité forcée, fatigue. Une cheville tordue loin du parking transforme une sortie confortable en attente dans le froid.
Le risque de gelure selon la température
La Wilderness Medical Society, qui publie les recommandations de référence sur le sujet, a révisé ses seuils en 2024. Elle considère désormais qu’il existe un risque de gelure dès que la température passe sous 0 °C, et qu’il augmente nettement sous -15 °C, là où la version de 2019 ne mettait en garde qu’en dessous de -15 °C.
RISQUE DE GELURE SELON LA TEMPÉRATURE DE L’AIR
Les mêmes recommandations rappellent trois leviers : éviter ce qui freine la circulation du sang dans les extrémités (vêtements qui serrent, alcool), continuer à bouger, car l’exercice dilate les vaisseaux des mains et des pieds, et réduire la durée d’exposition au froid.
Les signes qui doivent vous arrêter
Une gelure débutante se repère à une peau blanche ou grisâtre, froide, cireuse, qui devient insensible. Mettez-vous à l’abri du vent et réchauffez la zone contre une peau chaude, sous l’aisselle ou au creux du ventre d’un compagnon. Ne frottez pas, ni avec la main ni avec de la neige.
L’hypothermie s’installe plus discrètement. Frissons qui ne s’arrêtent plus, gestes maladroits, propos confus, envie de s’asseoir et de ne plus bouger : ce sont des signaux d’alerte. Ajoutez des couches sèches, isolez la personne du sol, donnez une boisson chaude et sucrée si elle avale normalement, et appelez le 112 si les signes persistent ou s’aggravent. La FFRandonnée conseille de ne jamais boire d’alcool pour se réchauffer et de ne pas frictionner les membres : cela dilate les vaisseaux de la peau et détourne le sang des organes vitaux.
Gérer ses couches au fil de la journée
La plupart de ces situations s’évitent par une gestion attentive des vêtements, du départ à l’arrivée.
UNE JOURNÉE DE RANDONNÉE D’HIVER, COUCHE PAR COUCHE
Au départ
Partez légèrement frais : si vous êtes à l’aise sur le parking, vous aurez trop chaud au bout de dix minutes de montée.
Dans la montée
Ouvrez les fermetures, retirez le bonnet ou la polaire avant de transpirer, pas après.
À chaque pause
Doudoune sur le dos dès que le sac touche le sol, gants secs si les premiers sont humides.
Au sommet ou au col
Veste coupe-vent fermée et capuche avant d’arriver sur la crête, pas une fois dans le vent.
À la descente
Remettez une couche : l’effort baisse et la sueur de la montée refroidit vite.
Avant de partir, consultez le bulletin météo montagne de Météo-France et, dès qu’il y a de la neige en pente, le bulletin avalanche du massif. Prévenez un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour. Fixez une heure de demi-tour et tenez-la, même si le sommet semble proche : en hiver, la nuit tombe vite et le froid avec elle.
Dans le sac, ajoutez une couverture de survie, une boisson chaude en thermos, une lampe frontale avec des piles chargées, et une batterie de téléphone gardée au chaud contre le corps, car le froid vide les batteries bien plus vite.
Manger et boire contre le froid
Votre corps fabrique sa chaleur avec ce que vous mangez. Une barre de céréales, des fruits secs ou un morceau de fromage toutes les heures entretiennent ce chauffage interne bien mieux qu’un gros repas au sommet. Par le froid, on ressent moins la soif, alors que l’air sec et l’effort font perdre de l’eau à chaque respiration. Buvez à chaque pause, même sans soif. Une gourde d’eau tiède glissée dans le sac, contre le dos, ne gèlera pas ; une boisson chaude et sucrée en thermos, comme le conseille la FFRandonnée, réchauffe aussi le moral au moment où la journée devient longue.
Questions fréquentes
Quelles sont les meilleures chaussures pour marcher dans la neige ?
Pour marcher dans la neige, choisissez des chaussures de randonnée montantes, imperméables, avec une semelle crantée et assez de place pour une chaussette en laine épaisse sans comprimer le pied. Ajoutez des guêtres pour que la neige n’entre pas par le haut. Sur neige tassée ou verglacée, des crampons à neige sous la semelle évitent les glissades.
Quels sont les 10 essentiels à prendre en randonnée ?
La liste des dix essentiels, popularisée par le club américain The Mountaineers, regroupe : de quoi s’orienter, une lampe frontale, une protection solaire, une trousse de secours, un couteau, de quoi faire du feu, un abri de secours, de la nourriture, de l’eau et des vêtements en plus. L’hiver, la lampe et la couche de rechange comptent double.
Comment s’habiller pour une randonnée en raquettes ?
En raquettes, on avance lentement mais on travaille beaucoup des jambes, surtout dans la neige fraîche. Gardez une première couche respirante, une polaire fine et une veste coupe-vent, puis ajoutez une doudoune à chaque arrêt. Prévoyez des guêtres, des sous-gants pour régler les fixations, et des lunettes de soleil contre la réverbération.
Les vêtements chauffants valent-ils la peine en randonnée ?
Pour les mains, les gants et moufles chauffants ont donné les températures de doigts les plus hautes lors d’un test mené en Antarctique en 2016. Ils sont utiles si vous avez souvent les doigts blancs au froid. Leur limite est la batterie : prévoyez une couche isolante classique qui reste efficace quand elle est vide.
Sources
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Omidi A, Hawley GD, Kain D et coll. What is new in altitude- and cold-related illnesses of travel: appraisal and summary of the updated guidelines from the Wilderness Medical Society. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2025;22(2):284. doi:10.3390/ijerph22020284
Fédération française de randonnée pédestre, « Rester au chaud quand on randonne en hiver : les conseils de la FFRandonnée ». Météo-France, « Qu’est-ce que la température ressentie ? » et glossaire, indice de refroidissement éolien.