Sommaire
- Faut-il mettre son sac de couchage dedans ou dehors ?
- Où attacher le sac de couchage sur le sac à dos ?
- Comment attacher un sac de couchage avec des sangles ?
- Comment l’attacher sans sangles prévues ?
- Comment le protéger de la pluie et des accrocs ?
- Comment faire tenir le sac de couchage à l’intérieur ?
- Questions fréquentes
- Sources
Pour attacher un sac de couchage à votre sac à dos, glissez-le d’abord dans un sac étanche, puis fixez-le sous le sac avec deux sangles, l’une près de chaque bord, serrées pour qu’il ne bouge plus quand vous marchez. Mais s’il tient à l’intérieur, au fond du sac, c’est là qu’il voyage le mieux.
Vous partez pour deux nuits, le sac à dos est plein, et le sac de couchage reste sur le lit. La tentation est grande de le suspendre dehors par une sangle ou un mousqueton, et de n’y plus penser.
C’est souvent là que les ennuis commencent : un sac de couchage qui balance à chaque pas, se coince dans une branche ou arrive trempé au bivouac. Voici comment l’attacher proprement, et surtout comment éviter d’avoir à le faire.
Faut-il mettre son sac de couchage dedans ou dehors ?
Dedans, chaque fois que c’est possible. À l’intérieur, le sac de couchage reste sec, ne s’accroche nulle part et ne déplace pas votre centre de gravité. Il sert même de rembourrage au fond du sac, sous les objets lourds.
Son poids n’est pas négligeable pour autant : un sac de couchage d’été pèse souvent de 600 g à 1 kg, un modèle synthétique de mi-saison dépasse fréquemment 1,5 kg. C’est son volume, plus que son poids, qui pousse à le sortir du sac.
Dehors, il peut se mouiller, se salir, se déchirer sur un rocher et, mal fixé, se détacher sans que vous le remarquiez. Perdre son sac de couchage en route, c’est une nuit froide assurée, et parfois une sortie à écourter.
SAC DE COUCHAGE ACCROCHÉ DEHORS : CE QU’ON CROIT, CE QUI SE PASSE
Ce qu’on croit
- Il ne pèse pas lourd, donc sa place ne change rien.
- Un mousqueton suffit à le tenir.
- La housse d’origine le protège de la pluie.
Ce qui se passe
- Loin du dos et libre de bouger, il tire le sac vers l’arrière à chaque pas.
- Suspendu à un seul point, il balance, frotte et peut se décrocher.
- La plupart des housses de rangement ne sont pas étanches : l’eau et la boue passent.
Il existe pourtant de bonnes raisons de l’attacher dehors. Un sac à dos de 30 à 40 litres pour une seule nuit, un sac de couchage synthétique trop volumineux, une sortie en groupe où chacun porte une part du matériel commun. Dans ces cas-là, mieux vaut une fixation propre qu’un sac à dos bourré au point de ne plus fermer. Pour l’ordre de rangement complet, de la trousse de secours à la gourde, voyez notre méthode pour faire son sac de randonnée.
Où attacher le sac de couchage sur le sac à dos ?
La règle tient en une ligne : plus la charge est proche du dos, moins elle fatigue. Une revue de référence sur le portage, publiée en 1996 par des chercheurs de l’armée américaine, l’énonce clairement : placer la masse au plus près du centre de gravité du corps donne le coût énergétique le plus faible.
La hauteur compte aussi. En 2004, une équipe américaine a fait marcher 10 participantes sur un tapis roulant à plat, avec un sac à armature interne chargé à 25 % de leur poids, la charge placée en haut, au milieu ou en bas du sac.
CONSOMMATION D’OXYGÈNE SELON LA HAUTEUR DE LA CHARGE (ML/KG/MIN)
Avec la charge en haut, la consommation d’oxygène était environ 16 % plus basse qu’avec la charge en bas. Mais attention au contexte : marche à plat, sur tapis. Une seconde revue des mêmes auteurs militaires, en 2004, nuance le résultat : sur terrain inégal, une charge basse ou au milieu du dos peut être préférable, parce qu’elle déséquilibre moins.
Pour le sac de couchage, objet léger et volumineux, ces règles donnent un classement simple. Le tableau suivant compare les emplacements possibles.
| Emplacement | Ce qui va | Ce qui coince | Notre avis |
|---|---|---|---|
| Dessous, sous le fond du sac | Sangles souvent prévues, centre de gravité peu déplacé, rien ne gêne les bras | Frotte quand vous posez le sac, attrape la boue et l’eau des flaques | Le meilleur choix dehors |
| Dessus, sous le rabat | Accès rapide, facile à fixer | Charge haute qui tire en arrière, gêne pour lever la tête | Dépannage sur sentier facile |
| Face avant, à plat | Plaqué contre le sac | Éloigne la charge du dos, cache les poches | Plutôt pour un matelas en mousse |
| Sur un côté, à la verticale | Tient dans les sangles de compression | Déséquilibre gauche droite, accroche dans les passages étroits | Seulement pour un petit sac compressé |
| Suspendu à un mousqueton | Rapide | Balance, frotte, peut se perdre | À éviter |
Le dessous reste la position de référence. La plupart des sacs de trekking de 50 litres et plus portent, sous le compartiment principal, deux sangles faites pour cela. Si votre sac n’en a pas, les sangles de compression latérales ou une rangée de boucles cousues sur la face avant font l’affaire, à condition de garder le sac de couchage serré contre le sac à dos.
Comment attacher un sac de couchage avec des sangles ?
Avec les sangles prévues sous le sac, la fixation prend deux minutes. La méthode qui suit vaut aussi pour des sangles achetées à part.
ATTACHER LE SAC DE COUCHAGE SOUS LE SAC À DOS
Emballez-le au sec
Sac de couchage dans un sac étanche ou un sac de compression doublé d’un sac poubelle épais, fermeture tournée vers l’arrière.
Comprimez-le
Un cylindre court et dur tient mieux qu’un boudin mou : serrez les sangles de compression avant de l’attacher.
Passez deux sangles
Une près de chaque extrémité, à 5 ou 10 cm des bords, jamais une seule au milieu, sinon il pivote.
Centrez et serrez
Le cylindre doit déborder autant à gauche qu’à droite. Tirez les sangles jusqu’à ce qu’il ne bouge plus quand vous le poussez.
Rangez les bouts
Roulez et bloquez l’excédent de sangle avec un élastique ou un velcro : un bout qui pend se prend dans les branches.
Avant de partir, faites le test du saut. Sac sur le dos, ceinture serrée, sautez sur place 3 ou 4 fois. Si le sac de couchage remue ou tape, resserrez. Revérifiez à la première pause, car les sangles en nylon se détendent un peu sous la charge, surtout mouillées.
Pensez aussi à la ceinture du sac à dos. La revue de 1996 rappelle que les sacs à armature munis d’une ceinture déchargent les épaules en reportant la charge vers les hanches. Un sac de couchage fixé dessous ajoute du poids en bas du dos : serrez la ceinture sur les os des hanches, puis ajustez les rappels de charge en haut des bretelles. Si votre sac actuel n’a ni sangles inférieures ni ceinture rembourrée, c’est un critère à retenir pour le prochain, en comparant les points d’attache des sacs à dos de randonnée.
Comment l’attacher sans sangles prévues ?
Beaucoup de sacs de randonnée à la journée n’ont aucune sangle sous le fond. Il reste trois solutions, de la plus sûre à la plus fragile.
Les sangles à boucle à came
Ces sangles plates en nylon, longues de 60 cm à 1 m, se serrent d’un geste et ne glissent pas. Passez-les dans deux points solides du sac : boucles de piolet, anneaux de la ceinture, rangée de boucles cousues. Elles pèsent une trentaine de grammes la paire et servent ensuite à tout : tente, matelas, bâtons.
Les sandows et cordelettes
Un sandow avec bloqueur dépanne bien sur la face avant, pour un sac de couchage compact. Il a deux défauts : il s’allonge sous la charge, et il use le tissu à force de frotter. Une cordelette de 3 ou 4 mm, bien nouée, tient mieux mais se règle moins vite.
Le mousqueton : pourquoi c’est une fausse bonne idée
Un mousqueton accroché à une seule boucle laisse le sac de couchage pendre et balancer. À chaque pas, il tape l’arrière des cuisses ou les mollets et tire le sac à dos vers l’arrière. Les mousquetons vendus comme porte-clés ou accessoires ne sont pas faits pour porter une charge qui tire et se balance, même si le sac de couchage pèse à peine 1 kg.
La revue militaire de 2004 donne un ordre de grandeur de ce que coûte une masse mal placée : chaque kilogramme ajouté aux pieds augmente la dépense d’énergie de 7 à 10 %, chaque kilogramme ajouté à la cuisse de 4 %. Un sac de couchage qui bat contre les jambes n’est pas porté aux pieds, mais il obéit à la même logique : plus il s’éloigne du tronc et plus il bouge, plus il vous coûte. Si vous utilisez un mousqueton, ce n’est qu’en complément de deux sangles, pour empêcher la housse de glisser.
Comment le protéger de la pluie et des accrocs ?
Dehors, le sac de couchage prend tout : la pluie qui ruisselle le long du sac à dos, l’eau projetée par vos pas, la boue quand vous posez le sac, les ronces et les rochers. Un sac en duvet mouillé perd une grande partie de son gonflant et ne sèche pas en une soirée. Sur les voyages humides, comme une itinérance en Islande, c’est le premier risque : nous l’expliquons dans notre guide du sac de couchage pour l’Islande.
La housse de rangement fournie avec le sac de couchage n’est presque jamais étanche. Trois protections, par ordre d’efficacité :
- Un sac étanche à fermeture enroulable, roulé trois fois et clipé, fermeture tournée vers le haut ou vers l’arrière.
- Un sac de compression étanche, qui réduit le volume et protège à la fois.
- Un sac poubelle épais glissé dans la housse, solution de dépannage qui se perce vite au contact des rochers.
Une housse de pluie pour sac à dos couvre rarement ce qui pend dessous. Par temps de pluie, mieux vaut rentrer le sac de couchage et sortir autre chose, comme le matelas en mousse, qui ne craint pas l’eau. Les autres précautions d’une journée mouillée sont détaillées dans nos conseils pour randonner quand il pleut.
Contre les accrocs, choisissez un sac étanche en tissu épais plutôt qu’un modèle ultraléger. Et quand vous posez le sac à dos, couchez-le sur le dos plutôt que de le planter sur le sac de couchage, qui supporterait alors tout le poids sur un sol caillouteux.
Comment faire tenir le sac de couchage à l’intérieur ?
Souvent, le problème n’est pas la taille du sac à dos mais la façon de le remplir. Trois gestes libèrent de la place.
D’abord, sortez le sac de couchage de sa housse et tassez-le à nu au fond du sac à dos, dans un grand sac poubelle qui sert de doublure. Il épouse alors les angles du fond au lieu de former un cylindre rigide qui laisse des vides autour. C’est la méthode des randonneurs qui cherchent à gagner chaque litre.
Ensuite, rangez la charge lourde juste au-dessus, contre le dos, à hauteur des omoplates : réchaud, nourriture, eau. Le sac de couchage, léger, fait office de socle. C’est la disposition qui rapproche le plus la masse de votre centre de gravité.
Enfin, regardez ce qui peut passer dehors à sa place. Un matelas en mousse, des bâtons, une tente bien emballée supportent mieux l’extérieur qu’un sac de couchage. Échangez les rôles : le sac de couchage dedans, le matelas dessous ou sur la face avant.
Si rien n’y fait, le volume du sac de couchage est peut-être le vrai sujet. À chaleur égale, un modèle en duvet occupe nettement moins de place qu’un synthétique, et les sacs de couchage ultra light, pensés pour les nuits douces, tiennent dans un très petit volume. Pour plusieurs jours en autonomie, un sac à dos de 50 à 65 litres laisse la place au couchage : notre guide du sac de trek vous aide à choisir le volume.
Dernier point, la sécurité. Un sac à dos mal chargé, avec une masse qui pend ou qui tire en arrière, déséquilibre dans les descentes raides et les passages rocheux. Sur ces terrains, prenez le temps de tout ranger et de tout serrer avant de vous engager, et, en cas de chute ou de blessure, appelez le 112.
Questions fréquentes
Comment stocker un sac de couchage entre deux sorties ?
Jamais dans sa housse de compression. Sortez-le, faites-le sécher à fond, puis rangez-le à plat sous un lit, suspendu dans une penderie ou dans un grand sac en coton respirant, souvent fourni avec les sacs en duvet. Comprimé pendant des mois, le garnissage perd une partie de son gonflant et donc de sa chaleur.
Comment compresser un sac de couchage ?
Enfoncez-le dans le sac de compression par poignées, en commençant par les pieds, sans le rouler : le bourrage abîme moins le garnissage que le pliage toujours au même endroit. Fermez le cordon, puis serrez les sangles de compression une à une, en tournant. Gardez la compression pour le transport et laissez le sac regonfler avant la nuit.
Comment accrocher une tente sur son sac à dos ?
Comme le sac de couchage : roulée serrée dans sa housse, sous le sac ou à la verticale sur un côté, tenue par deux sangles. Une tente pèse souvent deux fois plus qu’un sac de couchage, donc mieux vaut la répartir : la toile dedans, les arceaux et les sardines dans une poche latérale, la charge au plus près du dos.
Où trouver des attaches pour sac à dos ?
Dans les magasins de randonnée et d’escalade, au rayon accessoires : sangles à boucle à came, sandows avec bloqueurs, petites sangles à clip. Vérifiez avant d’acheter les points d’accroche de votre sac : boucles en bas, sangles de compression latérales, rangée de boucles cousues sur la face avant. Une sangle trop courte ne servira pas.
Sources
Knapik J, Harman E, Reynolds K. Load carriage using packs: a review of physiological, biomechanical and medical aspects. Applied Ergonomics, 1996;27(3):207-216. doi:10.1016/0003-6870(96)00013-0
Stuempfle KJ, Drury DG, Wilson AL. Effect of load position on physiological and perceptual responses during load carriage with an internal frame backpack. Ergonomics, 2004;47(7):784-789. doi:10.1080/0014013042000193264
Knapik JJ, Reynolds KL, Harman E. Soldier load carriage: historical, physiological, biomechanical, and medical aspects. Military Medicine, 2004;169(1):45-56. doi:10.7205/MILMED.169.1.45