Sommaire
- Par où commencer : pour qui est l’itinéraire ?
- Quelle carte et quelle application utiliser ?
- Comment évaluer la difficulté d’un itinéraire ?
- Comment calculer le temps de marche ?
- Découper en étapes : eau, nuits et échappatoires
- Météo, saison et heure de départ
- Quel équipement prévoir selon l’itinéraire ?
- Bivouac, parcs nationaux, chasse : les règles du terrain
- La fiche à laisser à un proche avant de partir
- Questions fréquentes
- Sources
Pour préparer un itinéraire de randonnée, partez du niveau du marcheur le moins entraîné du groupe, tracez le parcours sur une carte au 1:25 000 ou dans une application, calculez le temps de marche à partir du dénivelé et pas seulement de la distance, repérez l’eau, les abris et les échappatoires, lisez la météo la veille et laissez votre itinéraire à un proche.
Une journée de marche ratée commence rarement sur le sentier. Elle commence la veille, devant un écran, quand on additionne des kilomètres sans regarder les courbes de niveau.
Ce mode d’emploi suit l’ordre dans lequel les décisions se prennent : pour qui, sur quelle carte, avec quelle difficulté, en combien de temps, par quel temps, et avec quelle porte de sortie si rien ne se passe comme prévu.
Par où commencer : pour qui est l’itinéraire ?
On choisit souvent un itinéraire pour sa destination : un lac, un sommet, un panorama. Il vaut mieux partir des marcheurs.
Un itinéraire se dimensionne sur le randonneur le moins entraîné, le moins expérimenté ou le plus chargé du groupe. C’est son rythme qui fixera la durée réelle de la journée, et sa fatigue qui décidera du moment où une descente devient glissante.
La Fédération française de randonnée déconseille de partir seul en haute ou en moyenne montagne, même en été : en cas de malaise ou de chute, personne ne pourra prévenir les secours à votre place. Elle rappelle aussi qu’au-delà de 10 ou 12 personnes, un groupe devient difficile à gérer. Entre les deux, répartissez les rôles : l’un s’occupe de l’orientation et de la carte, un autre de la trousse de secours et des vivres.
Posez enfin la question de l’objectif. Une boucle à la journée, une traversée d’un point à un autre ou une itinérance de plusieurs jours ne se préparent pas de la même façon. Pour une randonnée de plusieurs jours, la logistique pèse autant que le tracé : nous la détaillons dans notre guide pour préparer un trek. Ici, on se concentre sur le tracé lui-même.
Avec des enfants
Les repères changent complètement. La Fédération française de randonnée estime qu’entre 4 et 7 ans, un enfant progresse en moyenne de 1 à 2 kilomètres par heure, loin du rythme d’un adulte. Entre 8 et 12 ans, l’endurance s’améliore nettement et des sorties de 10 à 15 kilomètres deviennent possibles, voire une itinérance si l’enfant est entraîné. Avant 3 ans, il est porté.
Choisissez un but qui le motive en chemin, une cascade, un lac, des ruines, et pas seulement à l’arrivée. Prévoyez une pause de 10 à 15 minutes toutes les heures, et une échappatoire proche : un enfant fatigué ne se force pas, sous peine de le dégoûter de la marche. À partir de 8 ans, confiez-lui une partie de l’itinéraire, la recherche du balisage ou la lecture de la carte : il marchera mieux s’il participe aux décisions.
Quelle carte et quelle application utiliser ?
La carte topographique reste la base. En France, les cartes de randonnée de l’IGN au 1:25 000 sont la référence : 1 centimètre sur la carte représente 250 mètres sur le terrain, soit 4 centimètres pour un kilomètre. À cette échelle, on distingue les sentiers, les sources, les cabanes, les barres rocheuses et les zones boisées.
Le plus utile se lit dans les courbes de niveau. Chacune relie les points de même altitude, et l’écart entre deux courbes, l’équidistance, figure dans la légende. Des courbes serrées signalent une pente raide, des courbes espacées un terrain doux. Avant tout calcul, suivez votre tracé du doigt et repérez les passages où les courbes se resserrent : ce sont les montées et les descentes qui feront la journée.
Lire le terrain avant d’y être
La carte dit bien plus que le tracé. L’orientation d’un versant vous indique s’il sera à l’ombre le matin ou en plein soleil l’après-midi : une longue montée sur un versant sud se fait de préférence tôt. Au printemps et au début de l’été, les versants nord gardent plus longtemps des névés, ces plaques de neige durcie qui rendent un sentier dangereux sans équipement. Une crête est exposée au vent et à la foudre, un fond de vallon au brouillard et aux torrents qui gonflent après l’orage.
Repérez aussi les symboles de rochers et d’éboulis le long du sentier, les passages en forêt où le balisage se perd plus facilement, et les traversées de cours d’eau sans passerelle. Notez-les sur votre fiche : ce sont les points où vous ralentirez, et parfois ceux où vous ferez demi-tour.
Les applications : pratiques, mais pas seules
Les applications permettent de tracer un parcours point par point, d’afficher son profil et sa distance, puis de le suivre sur le terrain grâce au GPS du téléphone. Depuis la fermeture du site IGNrando le 20 novembre 2025, l’IGN propose l’application gratuite Cartes IGN, qui permet de consulter ses cartes, de tracer et d’enregistrer un parcours et de visualiser le relief en 3D. D’autres applications, communautaires ou spécialisées, ajoutent des circuits commentés par d’autres randonneurs. Notre comparatif des applications de randonnée présente leurs points forts.
Trois réflexes évitent les mauvaises surprises. Téléchargez la carte de la zone pour un usage hors connexion, car le réseau disparaît souvent en fond de vallée. Exportez votre trace au format GPX, lisible par une montre ou un GPS de randonnée. Et gardez une carte papier et une boussole de randonnée dans le sac : un téléphone tombe en panne de batterie plus vite par temps froid. Si la boussole vous intimide, notre guide pour utiliser une boussole et une carte en montagne reprend les gestes de base.
Une trace téléchargée ne remplace pas la lecture de la carte. Elle peut emprunter un sentier fermé, un passage devenu dangereux après un éboulement, ou une sente de chasseurs. Comparez-la toujours avec la carte au 1:25 000 avant de l’adopter.
Comment évaluer la difficulté d’un itinéraire ?
Les mentions « facile » ou « difficile » des topoguides disent peu de choses à elles seules. La Fédération française de randonnée a donc établi une cotation des itinéraires, validée par le ministère des Sports, qui note trois critères de 1 à 5 : l’effort à fournir, la technicité, c’est-à-dire les obstacles, et le risque d’accident.
L’effort
L’effort est calculé avec l’indice IBP, qui combine la distance, le dénivelé et la pente à partir de la trace du parcours. Le guide de cotation fait correspondre le score obtenu à cinq niveaux.
| Score IBP | Niveau d’effort | Pour qui |
|---|---|---|
| 0 à 25 | 1, facile | Promenade sans difficulté physique |
| 26 à 50 | 2, assez facile | Peu de difficulté physique |
| 51 à 75 | 3, peu difficile | Randonnée modérée |
| 76 à 100 | 4, assez difficile | Randonnée soutenue, marcheur entraîné |
| Plus de 100 | 5, difficile | Randonnée très soutenue |
Ce score se calcule en ligne à partir d’une trace GPX, et de plus en plus de topoguides l’affichent. Il ne se lit pas de la même façon pour tout le monde : un niveau 3 représente une belle journée pour un marcheur occasionnel, une sortie tranquille pour celui qui randonne chaque semaine. Le plus parlant est de calculer l’indice d’une randonnée que vous avez trouvée juste à votre mesure, puis de vous en servir comme étalon pour juger les suivantes.
La technicité et le risque
La technicité décrit ce que vos pieds et vos mains devront faire : sentier large, pierriers, marches hautes, passages où l’on s’aide des mains. Le risque mesure la gravité d’une chute ou d’une erreur : un faux pas sur un chemin forestier n’a pas les mêmes conséquences qu’au bord d’une vire. La fédération donne un exemple parlant : une boucle autour d’un lac du Morvan, classée « facile », est pourtant cotée 3 en technicité, à cause de passerelles en bois qui deviennent glissantes sous la pluie.
Lisez donc les trois notes, et pas seulement la mention générale. Un itinéraire peu fatigant mais exposé ne convient pas à quelqu’un qui a le vertige. À l’inverse, un long parcours sans difficulté technique peut être parfait pour un marcheur endurant qui débute en montagne.
Comment calculer le temps de marche ?
C’est l’étape la plus souvent bâclée, et celle qui conditionne toutes les autres : heure de départ, pauses, heure de demi-tour, eau à emporter.
LE TEMPS DE MARCHE : CE QU’ON CROIT, CE QUI SE PASSE
Idée reçue
- On marche à 4 km/h, donc 16 kilomètres font 4 heures.
- La descente est plus rapide, elle ne compte pas.
Sur le terrain
- 300 mètres de montée prennent environ une heure de plus, quelle que soit la distance.
- Une descente raide ou caillouteuse ralentit, et c’est là que la fatigue fait chuter.
Les repères les plus employés en France sont simples : environ 4 kilomètres par heure sur terrain plat, et 300 mètres de montée par heure. Pour la descente, les topoguides retiennent selon les cas de 400 à 600 mètres par heure, beaucoup moins quand le sentier est raide ou instable. Ces chiffres ne sont pas des lois : ce sont des moyennes, à ajuster à votre groupe.
CALCULER LE TEMPS D’UNE ÉTAPE DE 14 KM ET 900 M DE MONTÉE
Temps de distance
14 kilomètres à 4 km/h donnent 3 heures et 30 minutes.
Temps de montée
900 mètres de dénivelé positif à 300 mètres par heure donnent 3 heures.
Additionner
On obtient environ 6 heures et 30 minutes de marche effective, sans les pauses.
Ajouter les pauses
Avec le pique-nique et les arrêts photo, prévoyez une journée de 8 heures sur le terrain.
Ce calcul tient sur un sentier ordinaire. Dès que le terrain se complique, il devient trop optimiste. Une étude britannique a comparé les méthodes classiques à près de 88 000 kilomètres de traces GPS de randonneurs. La pente du terrain lui-même, et pas seulement celle du sentier, ainsi que le type de sol et les obstacles hors sentier, influençaient fortement la vitesse. Et l’erreur des règles classiques augmentait avec la pente.
En pratique, majorez votre estimation dans les pierriers, la neige, les sentiers étroits à flanc de montagne, et par temps de pluie. Majorez aussi pour un groupe nombreux, des enfants ou des sacs lourds. Le temps de votre dernière randonnée, comparé au calcul, reste votre meilleur étalon : notez-le à chaque sortie.
Le km-effort, l’autre repère
Les traileurs et certains topoguides utilisent le kilomètre-effort : on ajoute à la distance 1 kilomètre pour chaque tranche de 100 mètres de montée. Notre étape de 14 kilomètres et 900 mètres de dénivelé vaut ainsi 23 kilomètres-effort. Divisé par votre vitesse habituelle en kilomètres-effort par heure, ce total donne une durée cohérente avec la méthode précédente. L’intérêt est de comparer deux itinéraires d’un coup d’œil.
De la durée à l’heure de départ
Partez de l’heure à laquelle vous voulez être arrivé, avec une marge d’au moins une heure avant le coucher du soleil, et remontez le temps. Fixez aussi une heure de demi-tour : si vous n’avez pas atteint tel col ou tel sommet à telle heure, vous rentrez. Décidée la veille, au calme, cette règle évite d’avoir à trancher sur place, quand l’envie d’aller au bout l’emporte sur la fatigue et le ciel qui se charge.
Découper en étapes : eau, nuits et échappatoires
Une fois la durée connue, regardez le parcours comme une suite de tronçons, avec à chaque jonction une question : que se passe-t-il si l’on s’arrête ici ?
L’eau
Repérez sur la carte les sources, les fontaines, les refuges et les villages. Une source marquée sur la carte peut être tarie en fin d’été, et certains refuges n’ont plus d’eau courante en hiver, quand les captages gèlent. Renseignez-vous auprès des gardiens ou de l’office de tourisme, et prévoyez de quoi traiter l’eau prélevée en montagne.
Les nuits et le ravitaillement
Pour une itinérance, la Fédération française de randonnée conseille de vérifier la disponibilité des hébergements au moins six mois avant le départ sur les itinéraires les plus courus, comme le Tour du Mont-Blanc ou les chemins de Compostelle. Vérifiez aussi les dates d’ouverture : beaucoup de refuges ne sont gardés qu’en saison. Notez où se trouvent les commerces sur le trajet, pour ne pas faire des kilomètres de plus à la recherche d’une boulangerie.
Les échappatoires
Une échappatoire est un chemin qui permet d’abréger l’itinéraire : une descente vers la vallée, une route forestière, un refuge où s’arrêter plus tôt. Repérez-en au moins une par demi-journée, et notez l’heure à laquelle vous devriez y passer. Si le groupe a pris du retard, si quelqu’un a mal ou si l’orage menace, c’est là que vous décidez.
Sur une itinérance de plusieurs jours, gardez aussi une journée de marge dans le programme. Elle absorbe un orage, une cheville tordue ou simplement l’envie de rester une nuit de plus dans un bel endroit, sans transformer chaque contretemps en course contre la montre.
Le retour au point de départ
Une boucle règle la question. Pour une traversée d’un point à un autre, prévoyez le retour avant de partir : deux voitures, un taxi, une navette ou le train. La fédération rappelle que de nombreux sentiers étaient autrefois tracés d’une gare à l’autre, et que les trains régionaux desservent encore de beaux départs de randonnée, dans les Vosges, les Pyrénées ou les Alpes. Vérifiez les horaires, souvent réduits le dimanche et hors saison.
Météo, saison et heure de départ
La météo se consulte deux fois : quelques jours avant pour choisir la date, et la veille au soir pour décider. Météo-France publie des prévisions à trois à sept jours, avec un indice de confiance de 1 à 5. Au-delà de 48 heures, l’incertitude augmente nettement : une prévision lue une semaine avant n’engage à rien.
En montagne, consultez les bulletins spécifiques par massif, qui précisent la limite pluie-neige, le vent en altitude et le risque orageux. En été, les orages éclatent le plus souvent l’après-midi, après une matinée belle. C’est la raison principale des départs matinaux : être sur le chemin du retour quand les nuages montent. Notre article sur la randonnée sous la pluie explique comment s’équiper si le temps tourne quand même.
Sur le terrain, un altimètre sert aussi de baromètre. Si vous êtes à l’arrêt, au refuge par exemple, et que l’altimètre indique une altitude plus élevée qu’avant, la pression baisse : le temps a des chances de se dégrader. S’il indique une altitude plus basse, la pression monte, plutôt signe de beau temps.
Hiver et intersaison : deux bulletins de plus
Consultez aussi la carte de vigilance de Météo-France, qui signale en jaune, orange ou rouge les orages, le vent violent, la canicule ou les fortes pluies attendus sur votre département. En hiver et au printemps, dès que l’itinéraire traverse des pentes enneigées, lisez le bulletin d’estimation du risque d’avalanche du massif. Il classe le danger sur une échelle européenne de 1 à 5, et un niveau 3, « marqué », est déjà sérieux. Une randonnée d’été en moyenne montagne peut devenir une course de neige en avril : sans équipement ni connaissances adaptées, changez d’itinéraire.
Pensez enfin à la saison. Les jours raccourcissent vite à l’automne, et une étape de 8 heures qui passe en juillet devient risquée en octobre. Par forte chaleur, décalez la marche vers le matin et raccourcissez les étapes.
Quel équipement prévoir selon l’itinéraire ?
Le sac se prépare à partir de l’itinéraire, pas d’une liste toute faite. Reprenez votre fiche et posez trois questions.
Combien de temps serez-vous loin de tout ? Une boucle de 3 heures près d’un village ne demande pas la même autonomie qu’une traversée de 8 heures sans refuge. Plus vous êtes isolé, plus il faut de réserves : un repas et un vêtement chaud de plus que prévu, une lampe frontale, une trousse de secours complète et une couverture de survie.
Quelle altitude et quelle exposition ? La température baisse en moyenne d’environ 6 degrés chaque fois que l’on monte de 1 000 mètres, sans compter le vent sur une crête. Un pique-nique au col peut se faire en polaire et coupe-vent alors qu’il fait chaud au parking. Sur un itinéraire exposé au soleil, chapeau, lunettes et crème solaire passent avant le reste.
Quel terrain ? Les pierriers, les longues descentes et les sentiers boueux demandent des chaussures qui tiennent la cheville et accrochent. Les bâtons soulagent les genoux dans les descentes longues et aident à traverser un gué. Enfin, la quantité d’eau à emporter découle directement de vos repères : s’il n’y a aucune source fiable sur 5 heures de marche par temps chaud, tout doit être dans le sac.
Bivouac, parcs nationaux, chasse : les règles du terrain
Un itinéraire traverse des espaces qui ont leurs règles. Les ignorer peut coûter une amende, ou une nuit sans endroit où dormir.
Dans le cœur des parcs nationaux, le bivouac est encadré. Dans le Mercantour et les Pyrénées, par exemple, il n’est autorisé qu’entre 19 heures et 9 heures, à plus d’une heure de marche d’un accès routier ou des limites du cœur du parc. Les règles changent d’un parc à l’autre, et certains limitent le bivouac aux abords des refuges : consultez le site du parc avant de partir. Hors des parcs, le camping peut être interdit par arrêté municipal ou sur un terrain privé. Les feux sont souvent interdits en été, et toujours dangereux en période sèche.
En automne et en hiver, renseignez-vous sur les dates de chasse. La fédération conseille d’éviter de partir seul en période de chasse : un marcheur seul est silencieux et peut surprendre les chasseurs. Portez une couleur visible et restez sur les sentiers balisés.
En alpage, contournez les troupeaux à distance et ne cherchez pas à approcher les chiens de protection. Refermez les clôtures que vous ouvrez. Et prévoyez un sac pour remporter vos déchets : sur un itinéraire de plusieurs jours, c’est un détail d’organisation qui se décide avant de partir.
La fiche à laisser à un proche avant de partir
Préparer un itinéraire, c’est aussi préparer ce qui se passera si vous ne revenez pas à l’heure. Les accidents de randonnée naissent rarement d’un événement spectaculaire.
Une revue de 66 études sur les accidents en montagne, publiée en 2026, montre que la marche et les activités d’endurance sont dominées par les chutes, l’épuisement, les erreurs d’orientation et les malaises sans traumatisme. En Autriche, la police de montagne a recensé 7 368 accidents de randonnée entre 2015 et 2021. Chez les femmes, 69 % de ces accidents se produisaient dans la descente, et 7,1 % de l’ensemble des victimes sont décédées.
COMMENT UNE JOURNÉE MAL CALCULÉE DEVIENT UN ACCIDENT
Laissez à un proche une fiche simple, par message ou sur papier. Elle tient en quelques lignes : le point de départ et l’endroit où est garée la voiture, l’itinéraire prévu avec les échappatoires, les hébergements, le nombre de personnes, l’heure de retour prévue et l’heure à partir de laquelle il doit alerter les secours. Prévenez-le dès votre retour, et aussi si vous changez de plan en route.
Dans le sac, gardez un téléphone chargé, une batterie de secours, une lampe frontale même pour une sortie à la journée, et une couverture de survie. En cas d’accident, le 112 joint les secours depuis n’importe quel téléphone en Europe. Indiquez votre position le plus précisément possible : les applications de cartographie affichent vos coordonnées, notez-les avant d’appeler.
Si vous vous perdez
Arrêtez-vous dès que le balisage disparaît ou que le terrain ne correspond plus à la carte. Revenez au dernier point dont vous êtes sûr, plutôt que de chercher un raccourci. Ne descendez jamais un ravin ou une pente inconnue pour rejoindre une route aperçue plus bas : beaucoup de secours en montagne commencent ainsi. Si la nuit tombe ou si quelqu’un est blessé, appelez le 112 avant que la batterie ne faiblisse, et restez groupés.
Le jour venu, l’itinéraire préparé n’est pas un contrat. C’est une base pour décider. Si la météo, la forme du groupe ou l’état du sentier ne correspondent pas à ce que vous aviez prévu, renoncer ou raccourcir fait partie du plan.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure appli de randonnée gratuite ?
Il n’y en a pas une seule : tout dépend de l’usage. L’application Cartes IGN, gratuite, affiche les cartes de l’IGN, permet de tracer et d’enregistrer un parcours et propose une vue en relief. Les applications communautaires apportent surtout des idées de circuits commentés. Vérifiez toujours ce qui reste disponible hors connexion dans la version gratuite.
Quelle application pour tracer un parcours ?
La plupart des applications de randonnée permettent de tracer un parcours point par point sur la carte, puis d’en afficher la distance, le dénivelé et le profil. Exportez la trace au format GPX : c’est le format que lisent les GPS de randonnée, les montres et les autres applications. Contrôlez toujours le tracé sur une carte au 1:25 000.
Quelle est la règle des 3-6-9 en randonnée ?
Ce n’est pas une règle officielle de la Fédération française de randonnée, mais une astuce relayée par des magazines pour marcher par forte chaleur, surtout après 60 ans, et ses versions varient. La plus courante : partir avant 9 heures, s’abriter aux heures chaudes, finir en soirée. Le principe reste juste : marcher au frais, boire souvent, raccourcir l’étape.
Sources
Wood AP, Mackaness WA, Simpson TI, Armstrong JD. Improved prediction of hiking speeds using a data driven approach. PLoS One, 2023;18(12):e0295848. doi:10.1371/journal.pone.0295848
Rausch LK, Limmer M, Pocecco E, Ruedl G, Posch M, Faulhaber M. Sex-specific analysis of hiking accidents in the Austrian Alps: a follow-up from 2015 to 2021. AIMS Public Health, 2024;11(1):160-175. doi:10.3934/publichealth.2024008
Tang H, Zereg F, Mo R. From injury events to rescue burden: accident patterns, health outcomes, and prevention in mountain outdoor physical activities, a scoping review. Frontiers in Public Health, 2026;14. doi:10.3389/fpubh.2026.1930989
Fédération française de randonnée pédestre : « Organiser sa randonnée » (23 juin 2022), « Comprendre la météo » (2 octobre 2020), « Topoguides : la cotation des itinéraires de randonnée mise en application » (20 août 2018) et guide pratique de cotation des randonnées pédestres (indice IBP). IGN, « IGNrando’ s’arrête mais l’aventure continue ». Parcs nationaux de France et Parc national des Pyrénées, réglementation du bivouac.