Sommaire
- Quelle boussole choisir pour une randonnée en montagne ?
- Quel est le fonctionnement de la boussole en montagne ?
- Comment utilise-t-on une boussole et une carte en montagne ?
- Quelles cartes topographiques conviennent pour une randonnée ?
- Pourquoi garder une boussole quand on a un GPS ?
- Utiliser une boussole : ce qu’il faut retenir
- Questions fréquentes
- Sources
Pour utiliser une boussole avec une carte, posez-la à plat, éloignée du métal, et orientez la carte en alignant le nord du cadran sur l’aiguille rouge. Pour suivre une direction, relevez sur la carte l’azimut entre votre position et votre but, puis marchez par visées successives sur des repères. Dans les Alpes, corrigez la déclinaison.
En montagne, les panneaux manquent souvent là où on en a besoin : à un carrefour de sentiers non balisé, sur un plateau dans le brouillard, sur un névé où la trace a disparu. Le téléphone, lui, peut tomber en panne de batterie.
Une boussole et une carte ne tombent jamais en panne. Ce guide vous montre comment les utiliser ensemble, de l’orientation de la carte à la triangulation.
Quelle boussole choisir pour une randonnée en montagne ?
En randonnée, la boussole la plus pratique est la boussole à plaquette, dite aussi boussole de course d’orientation. Elle est plate, transparente, légère (souvent moins de 50 grammes) et se pose directement sur la carte. Elle se compose :
- d’une plaquette transparente qui laisse lire la carte en dessous, avec une ou plusieurs échelles graduées pour mesurer les distances, souvent au 1/25 000 ;
- d’une flèche de direction, ou flèche de visée, gravée dans la longueur de la plaquette : c’est elle qui indique la direction à suivre ou le point visé ;
- d’un cadran rotatif gradué de 0 à 360 degrés autour du boîtier, qui sert à afficher et à lire l’azimut ;
- de la flèche du nord, dessinée au fond du cadran, parfois appelée la « maison », qui pointe vers la graduation 0 ;
- des lignes d’orientation, traits parallèles à la flèche du nord au fond du cadran, que l’on aligne sur le quadrillage de la carte ;
- de l’aiguille aimantée, dont la partie rouge pointe vers le nord magnétique, à condition de tenir la boussole bien à plat et loin de tout objet métallique ou aimanté (téléphone, couteau, boucle de ceinture).
Quelques options rendent service en montagne. Un miroir de visée permet de lire le cadran tout en regardant le repère visé, pour une visée plus précise. Un réglage de la déclinaison corrige une fois pour toutes l’écart entre le nord magnétique et le nord de la carte. Un clinomètre mesure la pente. Vérifiez aussi la graduation : certains modèles sont gradués en grades, de 0 à 400, et non en degrés.
Une boussole à plaquette coûte quelques dizaines d’euros. Vous trouverez plusieurs modèles, avec ou sans miroir, dans notre rayon boussoles de randonnée.
Quel est le fonctionnement de la boussole en montagne ?
La Terre se comporte comme un gros aimant. L’aiguille de la boussole, aimantée elle aussi, s’aligne sur les lignes de ce champ magnétique et indique le nord magnétique. La boussole à plaquette sert à faire le lien entre cette direction et la carte topographique, sur laquelle vous lisez votre itinéraire. Trois notions suffisent pour tout comprendre.
La déclinaison magnétique
Le nord géographique est le point où se rejoignent les méridiens, sur l’axe de rotation de la Terre. Le nord magnétique, celui qu’indique l’aiguille, est ailleurs, et il bouge. Une étude publiée en 2020 dans Nature Geoscience a retracé sa course : le pôle Nord magnétique, longtemps presque immobile, a accéléré entre 1990 et 2005 pour se déplacer aujourd’hui de 50 à 60 kilomètres par an vers la Sibérie.
L’angle entre la direction du nord géographique et celle du nord magnétique, depuis l’endroit où vous vous trouvez, s’appelle la déclinaison magnétique. Il varie selon le lieu et dans le temps. On lit souvent qu’elle est négligeable en France. C’est presque vrai en Bretagne, beaucoup moins dans les Alpes.
DÉCLINAISON MAGNÉTIQUE EN FRANCE, OCTOBRE 2026 (DEGRÉS VERS L’EST)
Que représentent 3 degrés ? Sur 1 kilomètre parcouru, un écart d’environ 52 mètres sur le côté. Sur un sentier balisé, aucune importance. Dans le brouillard, sur un plateau où vous cherchez un passage étroit entre deux barres rocheuses, c’est suffisant pour le manquer. Dans les Alpes et en Alsace, prenez donc l’habitude de corriger : la déclinaison étant orientée vers l’est, retirez-la de l’azimut lu sur la carte avant de le suivre sur le terrain. La valeur est imprimée dans la marge des cartes IGN, mais elle vieillit avec la carte.
Le nord de la carte
Le nord de la carte est en haut de la feuille. Sur une carte IGN au 1/25 000, un quadrillage kilométrique bleu, dit UTM, couvre toute la feuille. Ses lignes verticales indiquent le nord du quadrillage, très proche du nord géographique ; l’écart entre les différents nords est rappelé dans la marge. Les carrés font 4 centimètres de côté, soit 1 kilomètre sur le terrain : un repère très pratique pour estimer une distance d’un coup d’œil.
Si vous utilisez une carte topographique sans quadrillage, c’est un axe nord-sud tracé sur la carte, ou les bords latéraux de la feuille, qui indique le nord de la carte.
L’azimut
Un azimut est l’angle entre le nord et une direction, mesuré de 0 à 360 degrés dans le sens des aiguilles d’une montre. Cette direction peut être celle d’un point remarquable que vous visez, ou celle que vous voulez suivre. L’azimut se lit sur le cadran, au niveau du repère situé au pied de la flèche de direction. Un azimut de 90 degrés indique l’est, 180 le sud, 270 l’ouest.
Comment utilise-t-on une boussole et une carte en montagne ?
La boussole et la carte servent à quatre opérations, de la plus simple à la plus technique.
Utiliser la boussole pour orienter sa carte au Nord en montagne
C’est l’usage le plus fréquent : faire coïncider le nord de la carte avec le nord du terrain, pour que chaque chemin dessiné parte dans la même direction que le chemin réel.
Tournez d’abord le cadran pour amener la graduation 0, le N, face au repère de lecture. Posez ensuite la boussole sur la carte, le bord de la plaquette le long d’une ligne verticale du quadrillage bleu, ou de l’axe nord-sud sur une carte sans quadrillage, la flèche de direction pointée vers le haut de la carte. Il n’est pas nécessaire de déplier toute la carte : la partie qui vous intéresse suffit.
Faites enfin pivoter l’ensemble carte et boussole, à l’horizontale, jusqu’à ce que la partie rouge de l’aiguille vienne se placer au-dessus de la flèche du nord du cadran. Votre carte est orientée. Arrivé à un carrefour de sentiers non balisé, vous voyez alors immédiatement quelle branche prendre.
Utiliser la boussole et la carte pour aller d’un point A à un point B
Avant tout, éloignez de la boussole téléphone, appareil photo et objets métalliques, qui faussent l’aiguille. Il s’agit de relever un azimut sur la carte, puis de le suivre sur le terrain. C’est la méthode à connaître pour traverser un plateau hors sentier ou retrouver un chemin perdu dans le brouillard. Elle suppose que vous savez où vous êtes sur la carte et où vous voulez aller. Elle se fait en 4 étapes.
1re étape : situez précisément vos points A et B
Placez-vous sur un point dégagé et identifiez sans ambiguïté votre position, le point A, sur la carte : un col, un croisement, un lac. Repérez ensuite votre destination, le point B : un refuge, un hameau, l’entrée d’un sentier. Pour cette opération, il n’est pas nécessaire d’orienter la carte.
2e étape : posez la boussole sur la carte
Carte bien à plat, posez la boussole de sorte que l’un des grands bords de la plaquette relie le point A au point B. La flèche de direction doit pointer de A vers B, jamais l’inverse : c’est l’erreur la plus courante, et elle envoie à l’opposé.
3e étape : réglez le cadran et lisez l’azimut
Sans bouger la plaquette, tournez le cadran jusqu’à ce que ses lignes d’orientation soient parallèles aux lignes verticales du quadrillage, la flèche du nord du cadran tournée vers le nord de la carte. Ne tenez pas compte de l’aiguille à ce stade. Lisez l’azimut au pied de la flèche de direction, entre 0 et 360 degrés, et corrigez la déclinaison si vous êtes dans les Alpes.
4e étape : faites pivoter la boussole et marchez
Levez la boussole, tenez-la à plat devant vous, à hauteur de poitrine, et tournez sur vous-même jusqu’à ce que la partie rouge de l’aiguille se loge dans la flèche du nord du cadran. La flèche de direction indique maintenant le point B.
Ne marchez pas les yeux rivés sur l’aiguille. Repérez dans l’axe de la flèche un point visible et caractéristique, un rocher, un arbre isolé, un poteau, et rejoignez-le, en contournant un obstacle si besoin. Une fois sur place, refaites une visée, puis une autre. Ces visées successives vous mènent jusqu’au point B, même si le chemin vous oblige à zigzaguer.
Pourquoi tant de rigueur ? Parce que personne ne marche droit sans repère. Des chercheurs ont suivi au GPS des marcheurs dans une grande forêt et dans le Sahara. Sans soleil visible, les participants tournaient en rond sans s’en rendre compte. Les yeux bandés, ils décrivaient des cercles parfois minuscules.
de diamètre : c’est la taille des cercles que décrivaient parfois des marcheurs aux yeux bandés à qui l’on demandait d’aller tout droit.
Souman et coll., Current Biology, 2009.
Dans le brouillard, ou sous un couvert forestier dense, votre sens de l’orientation ne vaut guère mieux. D’où l’intérêt des repères rapprochés : plus la visibilité baisse, plus ils doivent être proches. Par brouillard épais, un compagnon envoyé quelques dizaines de mètres en avant peut servir de repère vivant, que vous recalez à la voix.
En relevant les azimuts et les distances de plusieurs tronçons sur la carte, vous pouvez aussi préparer un itinéraire hors sentier avant de partir, que vous suivrez sur le terrain avec la boussole et un compte de vos pas ou un podomètre. Notre méthode pour préparer un itinéraire de randonnée détaille cette étape. Entraînez-vous souvent, même sur de petites randonnées : n’attendez pas d’être perdu en montagne pour essayer.
Utiliser la carte et la boussole pour viser un point remarquable et déterminer son azimut
C’est l’opération inverse : partir du terrain pour aller vers la carte. Vous apercevez un sommet, un clocher ou une antenne, et vous voulez savoir lequel c’est, ou dans quelle direction il se trouve par rapport à vous.
Tenez la boussole à l’horizontale, à hauteur de poitrine, et pointez la flèche de direction vers le point remarquable. Tournez ensuite le cadran jusqu’à ce que la flèche du nord du cadran vienne se placer sous la partie rouge de l’aiguille. Lisez l’azimut au pied de la flèche de direction. Dans les Alpes, ajoutez cette fois la déclinaison pour revenir au nord de la carte.
Posez enfin la boussole sur la carte, sans toucher au cadran, ses lignes d’orientation parallèles au quadrillage et la flèche du nord vers le haut de la carte. Faites glisser la plaquette jusqu’à ce que son bord passe par le point remarquable, et tracez un trait le long de ce bord. Vous êtes quelque part sur cette ligne.
Utiliser la boussole et la carte pour se repérer avec la méthode de triangulation
La triangulation sert à retrouver votre position quand vous ne savez plus où vous êtes. Elle demande de la visibilité, et un peu de calme : asseyez-vous, sortez la carte, ne repartez pas au hasard.
Repérez dans le paysage trois points remarquables bien visibles, que vous identifiez avec certitude sur la carte : un sommet, une cascade, un lac, la lisière d’une forêt. Choisissez-les bien écartés les uns des autres, de préférence à 60 degrés ou plus d’écart angulaire, pour que les lignes se croisent franchement. Relevez l’azimut de chacun, puis reportez les trois directions sur la carte avec la technique précédente.
Les trois droites forment un petit triangle, le triangle d’erreur : vous êtes à l’intérieur. Plus il est petit, plus vos visées sont précises. S’il est grand, recommencez les visées ou choisissez d’autres repères.
Une variante plus rapide existe si vous longez un élément identifiable de la carte, une crête, un cours d’eau, une route forestière. Une seule visée sur un point remarquable suffit alors : votre position est à l’intersection de la ligne tracée et de cet élément.
SI VOUS VOUS CROYEZ PERDU
Arrêtez-vous
Ne continuez pas en espérant retrouver le chemin : c’est en avançant au hasard qu’on s’éloigne le plus.
Faites le point
Orientez la carte, cherchez le dernier endroit où vous étiez sûr de votre position, triangulez si la visibilité le permet.
Revenez sur vos pas
Si le doute persiste, regagnez le dernier point connu par l’azimut inverse plutôt que de descendre une pente inconnue.
Appelez à temps
En cas de blessure, de nuit qui tombe ou de terrain dangereux, composez le 112 et restez où vous êtes.
Quelles cartes topographiques conviennent pour une randonnée ?
En randonnée, on utilise surtout les cartes au 1/25 000. Cette échelle signifie qu’1 centimètre sur la carte correspond à 250 mètres sur le terrain, soit 25 000 centimètres. Les sentiers, les ruisseaux, les bâtiments isolés et le relief y sont dessinés avec assez de détail pour se repérer.
Les cartes au 1/50 000, où 1 centimètre représente 500 mètres, suffisent pour une randonnée sur sentiers bien tracés ou pour préparer un itinéraire de plusieurs jours. Au-delà, les cartes servent plutôt au tourisme et à la route. En France, la référence reste les cartes de l’IGN, l’Institut national de l’information géographique et forestière, dont la série au 1/25 000 couvre toute la France métropolitaine.
Apprenez aussi à lire les courbes de niveau, ces lignes fines brunes qui relient les points de même altitude. Serrées, elles annoncent une pente raide ; espacées, un terrain doux. Une combe, un éperon, un col se reconnaissent à leur dessin, et ce sont souvent de meilleurs repères qu’un sentier effacé. Protégez la carte dans une pochette étanche : une carte détrempée se déchire aux plis.
Pourquoi garder une boussole quand on a un GPS ?
Le GPS et les applications sur téléphone sont précieux. Voyez notre guide pour utiliser un GPS de randonnée et notre sélection d’applications de randonnée. Mais ils dépendent d’une batterie, que le froid vide plus vite, et d’un écran difficile à lire sous la pluie ou avec des gants.
La boussole, elle, pèse quelques dizaines de grammes et fonctionne sans pile, par tous les temps. Utilisés ensemble, les deux outils se complètent : le GPS donne votre position en chiffres, la carte et la boussole vous font comprendre le terrain et vous permettent de continuer si l’écran s’éteint. Un GPS de randonnée ne remplace donc pas la boussole dans le sac, il s’y ajoute.
Avant toute sortie hors des sentiers balisés, consultez aussi le bulletin montagne de Météo-France : le brouillard qui tombe sur un plateau est la situation où la boussole sert le plus, et où l’erreur coûte le plus cher.
Utiliser une boussole : ce qu’il faut retenir
Orienter la carte, suivre un azimut, viser un point remarquable et trianguler : ces quatre gestes couvrent presque toutes les situations, et se perdent vite s’ils ne servent pas.
Le meilleur moment pour les apprendre n’est pas le jour où vous êtes perdu. Exercez-vous dans un parc, sur une randonnée familière ou lors d’une course d’orientation, et gardez la boussole dans la poche haute du sac, loin du téléphone.
Questions fréquentes
Comment reconnaître l’est et l’ouest ?
Avec une boussole, tournez le cadran : le nord est à 0°, l’est à 90°, le sud à 180° et l’ouest à 270°. Sans boussole, le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, de façon approximative selon la saison. En France, il est plein sud vers 14 heures en été et vers 13 heures en hiver, à l’heure légale.
Que signifie l’aiguille d’une boussole dans l’hémisphère sud ?
Sa pointe rouge indique toujours le nord magnétique. Ce qui change, c’est l’inclinaison du champ magnétique : une aiguille équilibrée pour l’Europe penche et frotte dans l’hémisphère sud. Pour un voyage lointain, choisissez une boussole équilibrée pour la zone visitée ou dite « globale », et vérifiez la déclinaison locale.
Comment activer la boussole de son téléphone ?
Elle se trouve dans une application intégrée ou dans votre application de cartes. Calibrez-la en décrivant un huit avec le téléphone, loin de tout objet métallique, et retirez une coque aimantée. Elle dépanne, mais dépend de la batterie et se dérègle facilement : en montagne, gardez une vraie boussole dans le sac.
Comment utiliser une boussole sans carte ?
Avant de quitter un repère sûr, relevez l’azimut de votre direction et notez-le. Suivez-le par visées successives sur des repères proches. Pour revenir, suivez l’azimut inverse : ajoutez 180° s’il est inférieur à 180°, retirez 180° sinon. Sans carte, la boussole ne dit pas où vous êtes, seulement dans quelle direction vous allez.
Sources
Livermore PW, Finlay CC, Bayliff M. Recent north magnetic pole acceleration towards Siberia caused by flux lobe elongation. Nature Geoscience, 2020;13(5):387-391. doi:10.1038/s41561-020-0570-9
Souman JL, Frissen I, Sreenivasa MN, Ernst MO. Walking straight into circles. Current Biology, 2009;19(18):1538-1542. doi:10.1016/j.cub.2009.07.053
NOAA, National Centers for Environmental Information, modèle magnétique mondial WMM2025 (calcul de la déclinaison du 27 octobre 2026). IGN, cartes topographiques au 1/25 000. Météo-France, bulletins montagne.