Sommaire
- Faut-il vraiment des bâtons pour randonner ?
- Télescopique, pliant ou fixe : quel bâton pour quelle randonnée ?
- Quel système de serrage choisir ?
- Aluminium ou carbone : quelle matière choisir ?
- Quelle longueur de bâton choisir selon sa taille ?
- Poignée, dragonne, pointe, rondelles : quels détails comptent ?
- Questions fréquentes
- Sources
Pour choisir vos bâtons de randonnée, partez de votre pratique : télescopiques à deux ou trois brins pour la randonnée et le trek, pliants pour voyager léger. Prenez-les par paire, avec un serrage à levier, une plage de réglage adaptée à votre taille, une poignée en liège ou en mousse, et l’aluminium si vous cherchez la robustesse.
Au rayon, les bâtons se ressemblent tous. Même tube, même poignée, même pointe.
Les différences se cachent dans quatre détails : le pliage, le serrage, la matière du tube et la poignée. C’est l’ordre de ce guide.
Faut-il vraiment des bâtons pour randonner ?
Pas toujours. Une revue publiée en 2020 dans Wilderness and Environmental Medicine a fait le tri. Sur terrain facile et sans charge, les bâtons réduisent les contraintes sur les jambes, mais ils font travailler le cœur un peu plus. Sous un sac lourd, en revanche, ils diminuent l’activité des muscles des jambes et améliorent l’équilibre.
Le gain le plus net se mesure le lendemain. En 2011, des chercheurs britanniques ont fait gravir le Snowdon, le plus haut sommet d’Angleterre et du pays de Galles, à 37 marcheurs portant un sac de 5,6 kg. Ceux qui avaient des bâtons ont trouvé la montée moins pénible, ont mieux conservé leur force musculaire et ont eu moins de courbatures 24 et 48 heures après la sortie.
Sous une charge de trek, l’effet change de nature. Dans une étude américaine, des marcheurs ont monté une pente sur tapis pendant une heure avec un sac de 22,4 kg, soit 30 % de leur poids. Avec les bâtons, leur dépense d’énergie n’a pas bougé, mais leurs jambes travaillaient moins et l’effort leur paraissait plus facile.
QUAND LES BÂTONS SERVENT LE PLUS
bâtons
Descentes longues
Les bras reprennent une partie de la charge que les cuisses et les genoux encaissent.
Sac lourd
Sous une charge de trek, les jambes travaillent moins et l’équilibre s’améliore.
Terrain instable
Pierrier, boue, névé, passage à gué : deux appuis de plus pour se rattraper.
Le lendemain
Moins de courbatures et une force mieux conservée après une journée en montagne.
Prenez-les par paire : un bâton seul déséquilibre la marche et ne soulage qu’un côté du corps. La technique s’apprend en quelques sorties, et notre guide pour régler et utiliser ses bâtons de randonnée vous l’explique pas à pas.
Télescopique, pliant ou fixe : quel bâton pour quelle randonnée ?
Ce premier choix dépend de l’endroit où vos bâtons passeront le temps où vous ne vous en servez pas : sur le sac ou dans une valise.
| Type de bâton | Longueur repliée (ordre de grandeur) | Réglage de la longueur | Pour quelle pratique |
|---|---|---|---|
| Télescopique 2 brins | Souvent plus de 75 cm | Large, en continu | Randonnée à la journée, balade, budget serré |
| Télescopique 3 brins | Environ 60 à 70 cm | Large, en continu | Randonnée en montagne, trek, sac fixé au dos |
| Pliant en Z réglable | Environ 35 à 45 cm | Une vingtaine de centimètres | Voyage, trek léger, bâtons rangés souvent |
| Pliant en Z à longueur fixe | Environ 35 à 40 cm | Aucun : on l’achète à sa taille | Terrain roulant, marcheurs rapides |
| Monobrin | Aucune | Aucun | Promenade sur chemin, marche nordique |
Le télescopique 3 brins reste le plus polyvalent : il se règle partout et tient sur le côté d’un sac. Chaque jonction ajoute toutefois un point de serrage à surveiller et un peu de poids. Télescopiques et pliants, en aluminium ou en carbone, sont réunis dans notre rayon bâtons de randonnée.
Le pliant en Z s’assemble en tirant sur la poignée : un câble intérieur aligne les brins, qui se bloquent par un bouton. Il se range en quelques secondes. Sa plage de réglage est plus courte, et le modèle à longueur fixe ne s’adapte ni à la montée ni à la descente : en haute montagne, c’est une vraie limite.
Quel système de serrage choisir ?
Le serrage décide de votre sécurité en descente. Un brin qui glisse au moment où vous mettez tout votre poids dessus, c’est une chute.
Le serrage à levier, aussi appelé clip, est aujourd’hui le plus répandu. Vous ouvrez, réglez, refermez, même avec des gants, et vous voyez d’un coup d’œil si c’est bloqué. Une petite vis ajuste la force de serrage quand le levier prend du jeu.
Le serrage à vis interne est plus léger et plus discret. Il se bloque en tournant les brins l’un dans l’autre. Avec le temps, l’humidité et le froid, il peut se gripper ou se desserrer, et il se manipule mal avec des gants.
Pour la montagne et l’hiver, choisissez le levier, en métal si vous marchez souvent par grand froid, et gardez des gants de randonnée fins qui laissent manipuler le serrage.
Aluminium ou carbone : quelle matière choisir ?
Le carbone est plus léger et transmet moins de vibrations au poignet. L’aluminium est plus lourd, mais il plie avant de casser.
Une paire en aluminium pèse souvent entre 450 et 600 g, une paire en carbone entre 300 et 500 g selon sa construction. À modèle comparable, l’écart tourne autour d’une centaine de grammes. Il se sent au bout du bras, à chaque pas, sur une journée entière.
La différence qui compte se voit lors d’un incident. Coincé entre deux rochers ou heurté de côté, un tube en aluminium se tord : on peut souvent finir la journée avec. Un tube en carbone peut casser net. Loin de tout, en trek de plusieurs jours, c’est un argument sérieux.
ALUMINIUM OU CARBONE : OÙ SE PLACE VOTRE PRATIQUE ?
Quelle longueur de bâton choisir selon sa taille ?
À l’achat, la question n’est pas la longueur exacte, mais la plage de réglage. Le repère courant donne votre longueur sur le plat : votre taille multipliée par 0,68, soit environ 116 cm pour 1,70 m.
Ajoutez une dizaine de centimètres pour les descentes, retirez-en autant pour les montées. Pour 1,70 m, le bâton doit donc aller d’environ 106 à 126 cm. Un télescopique couvre presque toujours cet écart. Un pliant réglable aussi, la plupart du temps. Un pliant à longueur fixe se choisit à la taille la plus proche de votre longueur sur le plat.
Au-delà de 1,90 m ou sous 1,55 m, vérifiez les longueurs maximale et minimale annoncées : certains modèles ne descendent pas assez bas pour les enfants et les petits gabarits.
Poignée, dragonne, pointe, rondelles : quels détails comptent ?
La poignée
Le liège absorbe la transpiration, reste agréable sur une longue journée et prend la forme de la main. La mousse EVA est légère, douce et isolante, au prix d’une usure plus rapide. Le caoutchouc et le plastique font transpirer l’été. Une mousse qui prolonge la poignée vers le bas permet, en traversée, d’empoigner le bâton plus bas sans le régler.
La dragonne
Une dragonne large, rembourrée et réglable d’une main transmet l’appui sans scier le poignet, gants ou pas.
La pointe et l’embout
Une pointe en carbure de tungstène mord la roche et dure longtemps. Un embout en caoutchouc s’enfile dessus pour le bitume, le transport et les sols fragiles. Vérifiez que pointes et embouts se remplacent : ce sont des pièces d’usure.
Les rondelles
Une petite rondelle évite que le bâton s’enfonce entre deux pierres ou dans la boue. Une large rondelle, de 5 cm de diamètre et plus, sert dans la neige. Choisissez un modèle qui accepte les deux si vous randonnez toute l’année.
Essayez vos bâtons avec les chaussures de randonnée que vous porterez, dont la semelle change la hauteur. Et pour les fixer sur le sac, suivez notre guide pour faire son sac de randonnée.
Questions fréquentes
Comment se servir des bâtons de randonnée ?
Réglez-les pour que le coude forme un angle droit sur le plat, enfilez la main dans la dragonne par-dessous, puis plantez chaque bâton avec le bras opposé à la jambe qui avance, comme vos bras bougent naturellement. Raccourcissez-les en montée, allongez-les en descente. Notre guide du réglage détaille chaque situation, dévers compris.
Quels sont les meilleurs bâtons de marche ?
Il n’existe pas de meilleur modèle dans l’absolu. Les meilleurs bâtons sont ceux qui correspondent à votre pratique : télescopiques en aluminium à serrage par levier pour la randonnée en montagne, pliants en carbone pour voyager léger. Vérifiez la plage de réglage, le confort de la poignée et la possibilité de remplacer pointes et rondelles.
Bâton de randonnée ou bâton de marche nordique : quelle différence ?
Le bâton de randonnée est réglable et sert d’appui sur un terrain varié, en montée comme en descente. Le bâton de marche nordique est souvent de longueur fixe, avec un gantelet qui tient la main et un embout incliné : il sert à propulser une marche rapide sur terrain roulant. Les deux ne s’utilisent pas de la même façon.
Sources
Hawke AL, Jensen RL. Are trekking poles helping or hindering your hiking experience? A review. Wilderness and Environmental Medicine, 2020;31(4):482-488. doi:10.1016/j.wem.2020.06.009
Howatson G, Hough P, Pattison J et coll. Trekking poles reduce exercise-induced muscle injury during mountain walking. Medicine and Science in Sports and Exercise, 2011;43(1):140-145. doi:10.1249/mss.0b013e3181e4b649
Knight CA, Caldwell GE. Muscular and metabolic costs of uphill backpacking: are hiking poles beneficial? Medicine and Science in Sports and Exercise, 2000;32(12):2093-2101. doi:10.1097/00005768-200012000-00020